Cannes 2016 : ces films qui ont choqué dans l'histoire du festival

Par @Culturebox
Mis à jour le 13/05/2016 à 17H05, publié le 13/05/2016 à 15H43
Love film de Gaspar Noé © Wild Bunch Distribution

La projection de "Rester vertical" d'Alain Guiraudie a suscité la première vague d'indignation des critiques face à des scènes chocs. Mais le Festival de cannes est habitué à ces films qui ont secoué la croisette depuis plusieurs années.

1
L'empire des sens, 1976

Le film de Nagisa Oshima se déroule en 1936 et suit Kichizo, le propriétaire d'une auberge qui éprouve des pulsions sexuelles envers sa servante Sada Abe. Les deux vont entamer une liaison ainsi que des relations annexes qui vont les entraîner dans une escalade érotique sans bornes. Lors de sa présentation à la Quinzaine des réalisateurs en 1976, le réalisateur est conspué par les critiques pour ses scènes sexuelles non simulées. "L'empire des sens" est même considéré par certains comme un film pornographique et il fut censuré lors de sa sortie au Japon.

 

2
Sous le soleil de Satan, 1987

Maurice Pialat n'a pas choqué les critiques pour ses scènes de sexe, mais plutôt pour avoir réalisé un film trop porté sur la religion, poussant à bout ses acteurs. Gérard Depardieu est épuisé, Sandrine Bonnaire pousse des hurlements dans cette histoire où elle incarne Mouchette, 16 ans, qui confie à l'abbé Donissan, le vicaire du village, avoir tué son amant. Mais malgré la mauvaise presse, le film reçoit la Palme d'or de Cannes sous les sifflets.


3
Sexe, mensonge et vidéo, 1988

Une nouvelle fois, c'est le sexe qui choque la 42e édition du Festival de Cannes avec le film de Steven Soderbergh. Dans le film Graham Dalton, joué par James Spader, collectionne des interviews de femmes qui racontent sans tabous leur vie sexuelle. De retour dans son village natale, il se lie d'amitié avec la femme de son ancien copain de fac, avec toutes les conséquences que cela peut entraîner. Parler des rapports intimes c'est bien, mais pour les critiques, ce n'est pas la peine d'être trop explicite. Le film est reçu froidement sur la croisette, mais James Spader remporte quand même le prix du meilleur interprète.


4
Crash, 1996

David Cronenberg décide avec son film, adapté du roman de James Graham Ballard, de pousser le plus loin possible le rapprochement entre les ébats intimes et la mort, dans une esthétique glaçante et cérébrale. Dans le long-métrage un couple, incarné par James Spader et Holly Hunter, redynamise leur vie sexuelle à travers un chemin nouveau et tortueux lié aux accidents de voiture. Les critiques sont de marbres, mais le film reçoit tout de même le Prix du jury.


5
Assassin(s), 1997

Après "La haine", Mathieu Kassovitz est extrêmement attendu sur le tapis de rouge de Cannes, et il provoque un scandale avec ses scènes de tortures longues et violentes. Le réalisateur rétorque aux critiques que le long-métrage "est une expérience qui doit être désagréable car la violence n'est pas agréable". Un journaliste du Figaro ira même jusqu'à écrire que c'est "le film le plus nul de l'histoire du cinéma". Le film suit, Michel Serrault, un tueur en fin de carrière qui décide de former un jeune cambrioleur, incarné par Kassovitz. Le film est interdit au moins de 16 ans lors de sa sortie en salles.


6
Irréversible, 2002

Le réalisateur Gaspar Noé reçoit des menaces à la sortie de la projection de son film. Des spectateurs poussent des cris, d'autres quittent même la salle, n'en pouvant plus. "Irréversible" n'est monté qu'en plan séquence et dévoile au public des scènes de violences et de viol sans concession avec Vincent Cassel et Monica Bellucci. Le réalisateur part de la croisette sans un seul prix, mais aura marqué le festival à jamais.


7
Antichrist, 2009

Lars Von Trier est bien l'un des réalisateurs les plus controversés du XXIe à Cannes. Il présente sur la croisette un film avec Charlotte Gainsbourg et Willem Dafoe : un couple qui se retire dans une maison dans les bois à la suite de la mort de leur enfant. Les scènes de sexe associées à des mutilations choquent et le réalisateur refuse de se justifier sur sa vision. Il déclare même à la presse qu'il est le meilleur réalisateur au monde. Même au sein du jury, le film fait polémique car la présidente Isabelle Huppert veut lui décerner la Palme d'or, au grand dam du réalisateur américain James Gray. Au final, Charlotte Gainsbourg recevra le Prix d'interprétation féminine.


8
La vie d'Adèle – Chapitre 1&2, 2013

Abdellatif Kechiche délivre un film sans concession sur l'histoire d'amour entre deux femmes, avec une scène de sexe de 15 minutes. Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos déclarent même avoir été choquées et gênées lors de la projection du film. Le Syndicat des professionnels de l'industrie de l'audiovisuel et du cinéma publie également un communiqué dénonçant des conditions de tournage tendues, avec des comportements proches du harcèlement moral de la part du réalisateur. Mais malgré les critiques, le réalisateur et les deux actrices reçoivent, exceptionnellement, une Palme d'or chacun.


9
L'inconnu du lac, 2013

La même année que "La vie d'Adèle – Chapitre 1&2", le réalisateur aveyronnais Alain Guiraudie choque lui aussi sur la même thématique des relations homosexuelles, avec des hommes cette fois-ci. Sous fond de thriller, le réalisateur montre deux hommes tomber amoureux et qui multiplient les relations éphèmères au bord d'un lac. Cette fois-ci, les critiques louent une réalisation soignée. Alain Guiraudie reçoit même le Prix de la mise en scène. Le réalisateur revient cette année au Festival de Cannes, mais son film "Rester vertical" se perd sur un causse de Lozère et offusque les critiques avec des scènes crues de sodomie et d'accouchement.


10
Love, 2015

Gaspar Noé a voulu à nouveau créer la polémique avec la présentation de "Love", l'année dernière, un mélodrame sexuel en 3D. Dans ce film, un jeune homme se rappelle sa plus grande histoire d'amour avec Electra, tout n'était alors que passion et excès. Après la projection, Gaspar Noé s'est défendu d'avoir réalisé un film porno en 3D. Il affirmait que les scènes étaient en majorité simulées, affirmant qu'il s'agissait là du plus "fleur bleue" de ses réalisations.  

Love de Gaspar Noé © Alamode Film