Roman Polanski : la pilule a "masculinisé" les femmes

Par @Culturebox
Mis à jour le 26/05/2013 à 11H05, publié le 25/05/2013 à 17H57
Roman Polanski à Cannes (25 mai 2013)

Roman Polanski à Cannes (25 mai 2013)

© Mustafa Yalcin / Anadolu Agency / AFP

Après les déclarations de François Ozon sur la prostitution, c’est Roman Polanski qui s’est illustré samedi à Cannes par des propos qui ne vont pas manquer de faire des vagues. La pilule a "masculinisé" les femmes, a-t-il estimé. Certain(e)s ont dénoncé le peu de femmes présentes à Cannes. Le cinéma est-il le dernier bastion du machisme ?

Roman Polanski, qui fêtera ses 80 ans l’été prochain, présentait à Cannes son dernier film, "La Vénus à la fourrure" qu'il qualifie de "satire du sexisme".
 
"Je pense que cette tendance à vouloir mettre les hommes et les femmes à égalité est purement idiote. Je pense que c'est le résultat (...) des progrès de la médecine. La pilule a beaucoup changé les femmes de notre temps, en les masculinisant", a-t-il affirmé pendant une conférence de presse.
 
"Je pense que tout cela chasse le romantisme de nos vies, et c'est bien dommage", a-t-il encore dit.
 
Poursuivi aux Etats-Unis en 1977 pour des relations sexuelles avec une mineure, Roman Polanski avait été arrêté en Suisse sur la base d'un mandat  international américain en 2009 puis assigné à résidence avant d'être libéré par les autorités suisses.
 
Mardi, c’est François Ozon qui avait fait des remous en déclarant que la prostitution était le fantasme de nombreuses femmes, avant de modérer ses propos et d’affirmer qu’ils avaient été mal compris : il parlait seulement des personnages de son film, "Jeune et Jolie", qui raconte l’histoire d’une jeune fille qui se prostitue sans nécessité économique, pour vivre une expérience forte.
 
Une seule femme figure en compétition à Cannes, Valeria Bruni-Tedeschi, avec "Un château en Italie". "Je ne crois pas que les sélectionneurs fassent exprès de ne pas prendre des films réalisés par les femmes", a déclaré dimanche dernier Gilles Jacob, le président du festival.
 
"Il y a des femmes dans d'autres sections de Cannes, donc ça vient et je ne crois pas que ce soit la faute du festival", a-t-il souligné.