Qui pour succéder à Gilles Jacob au Festival de Cannes ? La course est lancée

Par @Culturebox
Mis à jour le 03/12/2013 à 11H11, publié le 02/12/2013 à 18H07
Les noms de Jérôme  Clément et Pierre Lescure sont régulièrement cités dans la course à la succession de Gilles Jacob

Les noms de Jérôme  Clément et Pierre Lescure sont régulièrement cités dans la course à la succession de Gilles Jacob

La course à la présidence du Festival de Cannes pour succéder à Gilles Jacob est lancée, et les candidats se pressent pour diriger le plus grand événement cinématographique mondial.

Celui ou celle qui occupera le prestigieux fauteuil pourrait être choisi début 2014 et prendrait ses fonctions après la prochaine édition du festival en mai, où Gilles Jacob, 83 ans et président depuis 2001, devrait officier pour la dernière fois tout en haut des marches du palais.

Sont notamment en lice deux anciennes figures de l'audiovisuel, Jérôme Clément, ancien patron d'Arte et du Centre national du Cinéma (CNC) et Pierre Lescure, ex-boss du groupe Canal+. Tout deux cinéphiles invétérés et fins connaisseurs du petit monde du cinéma, ils ont cependant des profils et des réseaux différents: Jérôme Clément plutôt du côté de l'art, de la culture et de la politique, Pierre Lescure plutôt dans le monde des affaires, du showbiz et de Hollywood.

Plusieurs autres noms sont évoqués dans les milieux du cinéma, avec plus ou moins de constance: le producteur Alain Terzian, président des Césars, Serge Toubiana, critique respecté et directeur de la Cinémathèque Française ou encore le réalisateur Claude Lelouch. Marin Karmitz, tycoon du cinéma, y aurait pensé et renoncé.

"Professionnels de la profession"

Pour être désigné, le candidat doit s'assurer de la majorité des votes au conseil d'administration de l'Association Française du Festival International du Film (AFFIF). Le CA de cette "association 1901" qui gère le festival compte 28 membres et repose sur un subtil équilibre entre le monde du cinéma et les pouvoirs publics qui subventionnent l'évènement. S'y côtoient ainsi représentants des ministères de la Culture et des Affaires étrangères, mais aussi de l'Assemblée nationale du Sénat ainsi que des "professionnels de la profession", selon l'expression de Jean-Luc Godard: producteurs et distributeurs mais aussi société civile d'auteurs comme l'ARP ou la SACD ainsi que des syndicats comme la CGT, qui figure parmi les fondateurs du festival il y 66 ans.

Concernant la procédure de nomination du président, certains la jugent peu transparente: aucun des prétendants n'est tenu de faire publiquement acte de candidature pour convaincre les administrateurs du festival. Si certains s'attendent à une décision début 2014, l'AFFIF n'a pas encore tranché, hésitant encore entre une désignation en janvier prochain ou plus tard, voire après le festival.

Le plus important marché du film 

A 83 ans, M. Jacob a couvert Cannes comme critique de 1964 à 1977. Il devient alors délégué général, avant d'en prendre la présidence en 2001. M. Jacob devait achever initialement son mandat à l'été 2012, mais il a été prorogé jusqu'en juillet 2015. Il a toutefois été convenu avec l'association qu'il quitterait ses fonctions opérationnelles à l'été 2014.

Gilles Jacob avait succédé à Pierre Viot, devenu Président d'honneur, qui occupait cette fonction depuis 1985. Il avait lui-même pris la succession de Robert Favre Le Bret (1904-1987) journaliste devenu producteur qui avait été le président du Festival jusqu'en 1984.

La fonction de président avait été créée en 1972. A sa naissance après la Seconde guerre mondiale, le festival de Cannes n'était qu'une pure émanation de la diplomatie du Quai d'Orsay, visant à promouvoir le cinéma français. C'est aujourd'hui l'événement culturel connaissant le plus fort retentissement mondial, ainsi que le plus gros marché international du film.