"Grand Central" : Rebecca Zlotowski et Léa Seydoux irradiées

Par @Culturebox
Mis à jour le 27/08/2013 à 16H22, publié le 24/05/2013 à 16H35
Léa Seydoux et Tahar Rahim, amoureux passionnés dans "Grand Central" de Rebecca Zlotowski

Léa Seydoux et Tahar Rahim, amoureux passionnés dans "Grand Central" de Rebecca Zlotowski

© Ad Vitam

L'amour au milieu des radiations. Voila le nouveau sujet de la réalisatrice de "Belle épine", dans laquelle jouait déjà la belle Léa Seydoux. Avec "Grand Central", Rebecca Zlotowski livre un "meli-mélo" qui capte la réalité pour mieux servir la fiction. Passion interdite entre Gary (Tahar Rahim) et la femme de son ami Tony (Léa Seydoux), la réalisatrice filme des êtres en sursis ...

Interview audio de Rebecca Zlotowski
Avec "Grand Central", Rebecca Zlotowski filme une histoire d'amour originale dans un milieu peu connu : celui de la centrale nucléaire. A travers les protagonistes, on apprend à connaître cet environnement si particulier, que la réalisatrice a cherché à reconstituer avec une rigueur toute documentaire.

Lentement irradié par la dose et par son histoire d'amour impossible, Gary, le jeune héros du film, cherche à se construire une identité et à trouver une nouvelle famille. Le drame guette alors que les deux jeunes amants vivent une passion secrète. La mort est là, quelque part au coeur du réacteur. La centrale avale et recrache tandis que l'amour irradie tout autant que les raditions. Un film à forte résonance métaphorique, qui réunit deux coeurs dont on ne sait s'ils exploseront un jour : celui de l'homme et celui du réacteur. 

Reportage de J. Sauvadon, J. Plan, L. Grozat, F. Gramond
Extrait de "Grand Central" : "Ça fait ça la dose."


Au coeur du réacteur nucléaire

Afin de coller au maximum avec la réalité quotidienne des travailleurs dans les centrales nucléaires, Rebecca Zlotowski a fait appel à Claude Dubout, un spécialiste qui a travaillé 25 ans durant comme décontamineur. "Gary", c'était moi il y a 30 ans, confie-t-il. Outre ses conseils avisés sur les détails techniques, les procédures et l'ambiance à l'intérieur de l'usine, Claude Duout a aussi  apporté son soutien quant aux costumes du film, afin que les vêtements portés par les acteurs aient une certaine cohérence. Travailler dans une usine nucléaire reste un métier fatiguant et peu rémunéré en rapport aux risques encourus. Pour les décontaminateurs, il s'agit d'"enlever ce qui n'est pas visible", un véritable défi. 

Avec "Michael Kohlhaas" c'est le deuxième film produit par Rhône-Alpes Cinema sélectionné au dernier Festival de Cannes. Le tournage s'est déroulé en partie dans la centrale nucléaire de Cruas en Ardèche. 


Les raditions sont partout, à l'état "naturel". Notre corps peut en absorber une certaine dose sans en être inquiété. Mais la proximité avec une centrale nucléaire ou tout appareil émetteur de radiations artificielles augmente le risque d'être contaminé. A haute dose, les raditions peuvent être mortelles et provoquer des lésions irréversibles. L'ADN est la molécule biologique qui subit le plus les radiations. Elle accumule les mutations qui sont à l'origine du développement de cancer, principalement thyroïde, moelle osseuse, poumon, peau, intestins et organes génitaux.

Claude Debout qui fût décontamineur dans la centrale nucléaire de Cruas, a permis à la production de ne pas commettre d'erreurs majeures. 


Pour les gens qui travaillent au plus près du réacteur nucléaire, la dose maximale de radioactivité autorisée est de 20 millisieverts. Au delà, les effets se font dangereusement sentir. Malgré des contrôles drastiques, on ne peut pas toujours prévoir les réactions des uns et des autres et les risques de contamination au delà de la limite restent forts.
 

Extrait du film "Grand Central" : premier jour dans la centrale