Chroniques de Cannes : Soderbergh, Sorrentino et Vincent Lindon en homme torturé

Par @Culturebox
Publié le 22/05/2013 à 11H41
Vincent Lindon dans "Les salauds" de Claire Denis en compétition dans la section Un Certain Regard

Vincent Lindon dans "Les salauds" de Claire Denis en compétition dans la section Un Certain Regard

© Wild Bunch Distribution

Jour 7. Arrivés à mi-parcours, le Festival nous a gâté avec la projection du kitch et sulfureux "Ma vie avec Liberace" de Steven Soderbergh et "La Grande Bellezza" de l'italien Paolo Sorrentino tous deux en lices pour la Palme d'or. "Les salauds" de Claire Denis, n'aura pas manqué de chambouler les spectateurs d'Un Certain Regard. Vincent Lindon était l'invité de France 3 en direct de Cannes.

Michael Douglas et Matt Damon étaient très attendus hier sur la croisette. Avec "Ma vie avec Liberace", l'histoire d'un pianiste excentrique  et homosexuel qui a fait les beaux jours de Las Vegas dans les années 80, Soderbergh frappe fort et touche à un sujet toujours brûlant d'actualité. Le film marque aussi le retour sur le devant de la scène du génial Michael Douglas.

Quant à l'italien Paolo Sorrentino son dernier film présenté il y a deux ans à Cannes, "This Must Be The Place"  avait partagé les critiques. Avec "La Grande Bellazza", il signe "son film le plus mûr", d'après ses propres termes. 

Autre évènement très attendu, le film de Claire Denis, "Les salauds", qui sortira en salles début août, a offert à Vincent Lindon le rôle le plus complexe et le plus sombre de sa carrière. En duplex de Cannes, il nous parle d'un film très noir, vision d'une réalisatrice atypique avec qui il avait déjà travaillé il y a dix ans pour "Vendredi soir".

Reportage de N. Hayter, S. Gorny, N. Berthier, G. Gheorghita, P. Gueny


"J'ai toujours rêvé de faire un film sur la vengeance. La vengeance c'est très cinématographique", explique Vincent Lindon. Il est vrai que l'acteur français a souvent joué des rôles d'hommes solides et introvertis qui se sacrifient pour les autres. Mais les personnages qu'il incarne  sont généralement francs et entiers, sans ambiguïté. Dans "Les salauds", tout vole en éclat et son personnage, Marco, se laisse peu à peu gagner par la haine. 

Un acteur à part

Vincent Lindon est un acteur à part dans le cinéma français. Il choisit ses films en fonction du scénario et se plaît à jouer dans des films à résonance dramatique pour un autre cinéma français. D'une justesse exemplaire, il incarne une sorte de force tranquille qui renferme, enfouie, une grande violence. Il y a quelque chose de détaché, de quasi naturaliste dans son jeu, qui sait convaincre et émouvoir sans jamais tirer sur la corde sensible.

Après "Augustine", il revient pour "Les salauds" aux côtés de la splendide et fatale Chiara Mastroiani. Beaucoup de promesses pour ce film entre silences et explosions de violence.