Cannes 2014 : Charles Tesson dévoile la 53e Semaine de la critique

Par @Culturebox
Mis à jour le 21/04/2014 à 18H06, publié le 21/04/2014 à 15H54
L'affiche de la 53e Semaine de la critique (détail)

L'affiche de la 53e Semaine de la critique (détail)

© DR

La 53e Semaine de la Critique rassemblera du 15 au 23 mai des longs métrages sur la quête d'identité, l'amour et une jeune génération qui fraie avec le cinéma de genre, a annoncé lundi son délégué général Charles Tesson.

Plus ancienne section parallèle du Festival de Cannes, la Semaine de la critique, créée en 1962, se consacre à la découverte de nouveaux talents: Ken Loach, Guillermo del Toro, Wong Kar wai ou Jacques Audiard et Jeff Nichols sont passés par là. Sa singularité est de ne présenter que des premiers ou deuxièmes longs métrages, toujours précédé d'un court métrage, également en compétition.
Le teaser de la Semaine de la critique 2014
Sur les quelque 1.200 films visionnés pour l'édition 2014, 11 ont été retenus, dont 7 en compétition, départagés par un jury présidé par la talentueuse Britannique Andrea Arnold, deux fois Prix du Jury à Cannes en 2006 et 2009 pour "Red Road" et "Fish Tank".

Alors qui pour succéder à l'Italien "Salvo", primé l'an dernier ? Charles Tesson a retenu deux films de genre dans des "styles très différents, c'est ce qui nous a plu", a-t-il dit à l'AFP.
"When animals dream", du Danois Jonas Arnby raconte l'histoire d'une jeune femme qui travaille dans une poissonnerie et qui est humiliée par les hommes de son village. "Cela aurait pu être un film des frères Dardenne sauf que cette femme a un pouvoir de loup-garou, dont elle se sert pour affirmer sa féminité et venger sa mère... Un film de loup garou féministe!", résume Charles Tesson.
L'Américain David Robert Mitchell revient avec un deuxième film "It follows", peuplé de spectres et de morts vivants. "Pas un film qui veut jouer avec la peur du spectateur comme Wes Craven (Scream, Freddy..) mais un film très élégant et très beau", dit-il.
Charles Tesson présente la 53e Semaine de de la critique
La quête d'identité se retrouve par exemple dans "Gente de bien" du Colombien Franco Lolli sur les difficiles relations entre un fils et son père, homme à tout faire chez des riches, qui souffre de l'image qu'il lui renvoie.
"Hope" du Français Boris Lojkine, venu du documentaire, raconte l'odyssée d'un jeune couple noir africain qui, du sud du Sahara aux côtes du Maroc, tente de rallier l'Europe.
"The tribe" du réalisateur ukrainien Myroslav Slaboshpytskiy se déroule dans un pensionnat de sourds-muets. Des étudiants s'organisent en gang mafieux sur fond de racket, prostitution et histoire d'amour. Le film donnera au spectateur l'occasion de plonger dans "une sensation de cinéma" unique car les personnages s'expriment en langage des signes, qui n'est pas traduit. Cela donne un "ballet virtuose, vertigineux et hallucinant".
La compétition est complétée par "Piu buio di mezzanote" de l'Italien Sebastiano Riso, film à la tonalité pasoliennne qui suit le parcours d'un enfant en fugue croisant sur sa route des personnages insolites du monde de la nuit, ainsi que par "Self made" de l'Israélienne Shira Geffen, Caméra d'or en 2007 à Cannes pour "Les méduses", et qui revient avec un portrait, au destin parallèle puis croisé d'une femme israélienne et d'une autre, palestinienne, mêlant humour et gravité.

Quatre films hors compétition
La 53e Semaine s'ouvrira hors compétition par "F.L.A" (pour "Faire l'amour"), du réalisateur haïtien Djinn Carrénard, dans lequel se retrouve l'énergie du précédent "Donoma" dopée d'une puissance dramatique. "Un film choc" promet Charles Tesson.
L'actrice Mélanie Laurent présentera lors d'une séance spéciale son deuxième long métrage "Respire", drame centré sur une "relation de fascination-dépendance" entre deux lycéennes tandis que l'Israélien Nadav Lapid dévoilera "L'institutrice", où l'héroïne est persuadée qu'un de ses gamins va sauver Israël de ce que le pays est devenu. 
Enfin "Hippocrate" du Français Thomas Lilti fera la clôture, plongeant le spectateur au coeur du monde hospitalier où l'humour fait rage pour affronter la rudesse du quotidien à travers la rivalité entre deux internes.
Une dizaine de courts métrages seront également en compétition parmi quelque 1.730 visionnés.