Cannes 2013 : Nicolas Winding Refn défend "Only God Forgives"

Par @Culturebox
Publié le 23/05/2013 à 17H44
Ryan Gosling et Nicolas Winding Refn sur le tournage de "Only God Forgives"

Ryan Gosling et Nicolas Winding Refn sur le tournage de "Only God Forgives"

© Space Rocket Nation, Gaumont & Wild Bunch

En lice pour la Palme d'Or, le très attendu film "Only God forgives"du Danois Nicolas Winding Refn, auteur du célébré "Drive", a essuyé des sifflets et de maigres applaudissements à l'issue de sa projection presse mercredi. Le film ne lésine pas sur l'ultraviolence et l'hémoglobine et n'a pas reçu l'unanimité des critiques dont certaines le juge tape à l'oeil et gratuit. Refn a tenu à s'expliquer.

Enfermé dans l'esthétique de la violence

Un fugitif américain devenu trafiquant de drogue dans les bas-fonds de Bangkok, incarné par Ryan Gosling, et une mère impitoyable, Kristin Scott-Thomas, assoiffée de vengeance après le meurtre de son autre fils : maigre pitch mais stylisation constante de la part du danois. Gosling mutique et bastonneur, il fallait s'y attendre. 
 
Le public a plusieurs fois grincé des dents et détourné les yeux pendant les scènes d'ultra-violence où jaillissent hémoglobine et cris de douleur, ponctuant un film à l'esthétique par ailleurs léchée, souvent baigné de lumière rouge sur fond de musique lancinante. "Ce type de film n'est vraiment pas ce qui me correspond, je n'apprécie pas du tout la violence à l'écran ; ce qui m'a plu c'est de travailler avec Refn", a confié Kristin Scott-Thomas. L'actrice britannique, habituée des rôles d'aristocrates distinguées, a toutefois apprécié de "jouer ce personnage sauvage et brutal".
Kristin Scott Thomas en mère castratrice blonde platine dans "Only God Forgives"

Kristin Scott Thomas en mère castratrice blonde platine dans "Only God Forgives"

© Space Rocket Nation, Gaumont & Wild Bunch
La violence comme défouloir universel
 
Le réalisateur Refn a défendu son film en assurant ne pas pouvoir résister à l'emploi de la violence dans ses oeuvres. "La violence est une chose que tout être humain tente de réprimer. A travers l'art, on se libère de nos fantasmes primaires. Nous savons tous que la violence est une mauvaise chose mais nous fantasmons quand même dessus", a expliqué le réalisateur à l'AFP, en comparant son approche à "celle d'un pornographe". Le cinéaste danois a en revanche plus de mal à convaincre lorsqu'il évoque le
"mysticisme et la spiritualité" censés animer les personnages de son film, ainsi que la beauté du "langage du silence", qui l'a poussé à confier seulement trois lignes de scénario à son acteur-fétiche Gosling, par ailleurs excellent scénariste et réalisateur prometteur. 

Le beau gosse, si bien utilisé dans "Drive", est réduit à un personnage peu expressif qui manque d'épaisseur. Mais pour Refn, "le silence est très intéressant, car il force le spectateur à faire face à ce qu'il voit et à définir ce qu'il signifie".
En France, où le film sort en premier dans le monde ce mercredi, "Only God forgives" est assorti d'une interdiction aux moins de 12 ans avec avertissement. Les Etats-Unis devront attendre juillet.
"Only God Forgives" : la bande-annonce