Cannes 2013 : Jamel présente "Né quelque part" à un parterre de lycéens

Par @Culturebox
Mis à jour le 23/05/2013 à 11H17, publié le 22/05/2013 à 17H34
Mohamed Hamidi, Jamel Debbouze et Twfik Jallab sur le tapis rouge

Mohamed Hamidi, Jamel Debbouze et Twfik Jallab sur le tapis rouge

© VALERY HACHE / AFP

"Les gens m'appellent l'idole des jeunes", pourrait dire Jamel Debbouze. L'humoriste fait partie des personnalités préférées des Français et rencontre un large succès auprès du jeune public. Après le prix d'interprétation collectif pour les acteurs d'"Indigènes" en 2006, il revient à Cannes pour présenter à un public de 450 lycéens de la région le premier film de Mohamed Hamidi "Né quelque part".

"Né quelque part", c'est l'histoire de Farid, un jeune Français de 26 ans qui doit aller en Algérie pour sauver la maison de son père. Découvrant un pays où il n’a jamais mis les pieds, il tombe sous le charme d’une galerie de personnages étonnants dont l’humour et la simplicité vont profondément le toucher. Parmi eux, son cousin (interprété par Jamel himself), un jeune homme vif et débrouillard qui nourrit le rêve de pouvoir rejoindre la France.
Le film sortira en salles le 19 juin prochain. 

Reportage de M-J Jouan, C. Kenck, Z. Berkous, J-P. Bosch, N. Berthelot
Si Thierry Frémaux, le délégué général du Festival, a choisi ce film, c'est avant tout pour sa résonance avec un sujet toujours d'actualité, celui des origines et de la migration. Aujourd'hui, de nombreux jeunes issus de la double culture se sentent mal à l'aise, pris entre deux rives. Une situation qui s'accompagne d'un certain isolement et d'une relative exclusion sociale. Preuve vivante de l'assimilation de cette double identité, Jamel a tenu à presenter lui-même le film à des jeunes gens qui seront les citoyens de demain. 

Avec "l'atout charme" Tewfik Jallab, le réalisateur montre à travers son personnage principal une autre image des Français d'origine maghrébine, loin de toute stigmatisation. L'idée est aussi de transmettre aux jeunes qu'il n'y a pas de choix à faire entre l'une ou l'autre culture. En découvrant ses origines, le jeune homme retrouve une partie de lui-même, une idée que l'on retrouve chez un certain Albert Camus.
Pour un Jamel plus habitué aux comédies type "Hollywoo", cette nouvelle incursion dans le drame identitaire lui permet de renouer avec un pays d'origine qu'il porte au plus profond de son coeur. Il incarne avec une certaine retenue le cousin "blédard", petit magouilleur attachant. "Je crois que c'est le premier rôle de méchant sympa de Jamel au cinéma", a déclaré le réalisateur du film à l'AFP. 

Interview de Jamel Debbouze en direct de Cannes / Grand Soir 3
Au final, le comédien en profite pour faire une mise au point : "J'aime la France, mais j'aime aussi mon pays d'origine", confie-t-il. "On a besoin chez nous que le cinéma s'empare d'histoires comme celles de Farid et de son cousin français pour changer les mentalités et faire comprendre qui sont ces gens."
Jamel Debbouze et Tewfik Jallab présentent leur film devant 450 lycéens

Jamel Debbouze et Tewfik Jallab présentent leur film devant 450 lycéens

© Capture d'écran Culturebox
Un beau plaidoyer pour l'acceptation de la différence et une manière d'offrir son soutien à tous ceux qui se sentent exclus. D'une certaine manière, Mohamed Hamidi et Jamel Debbouze (acteur et producteur du film) livrent un film à valeur éducative qui prône la maxime de Socrate : Avant de juger les autres, "connais toi toi-même". Ca fait réfléchir ... 
La bande-annonce du film "Né quelque part"