Cannes 2013 : Hommage à Jean Zay, à l'origine du Festival de Cannes

Par @Culturebox
Publié le 24/05/2013 à 19H39
Portrait de Jean Zay

Portrait de Jean Zay

© DR

Jean Zay. Le nom ne vous dit certainement pas grand chose. Et pourtant, c'est lui qui est à l'origine de la création du Festival de Cannes. En 1939, ce jeune ministre de l'Education Nationale ancien du Front Populaire et passionné de cinéma veut créer un festival "démocratique" pour concurrencer la Mostra de Venise. Mais l'homme ne verra pas son projet aboutir, exécuté en 1944 sur ordre de Vichy.

Créé dès 1932, la Mostra de Venise, le plus ancien des festivals dédiés au cinéma, est peu à peu devenu un véritable outil de propagande aux mains du régime fasciste. Devant cet état de fait, Jean Zay, soutenu par les américains et les britanniques, propose la création d'un festival international de cinéma en France, véritable geste politique en opposition à la montée des totalitarismes.

En 1939, tout est prêt pour la première édition, mais la guerre arrive et Jean Zay s'engage auprès de l'armée française. Le Festival de Cannes a souhaité rendre hommage à un homme d'exception qui s'est battu pour ces convictions et a initié la création du plus grand festival de cinéma du monde.
Les deux filles de Jean Zay ont monté les marches du Palais des Festivals, émues de retrouver ce lieu mythique chargé d'histoire. 

Reportage de C. Bian Rosa, A. Cassar
Première édition avortée

C'est Louis Lumière, le créateur du cinématographelui-même, qui accepte de devenir le premier président du festival. La sélection prévoit entre autre "L'enfer des Anges" de Chritian Jacques et "L'homme du Niger" de Jacques de Baroncelli, sans oublier "Le magicien d'Oz" de Victor Fleming côté américain. Les stars d'Hollywood sont toutes attendues mais le 1er septembre 1939, jour de l'ouverture officielle, l'Allemagne envahit la Pologne. Il faudra alors attendre 1946 pour que le premier Festival International du film (appellation jusqu'en 2002) voit le jour.

La barbarie du régime de Vichy

Jean Zay, ministre de l’éducation nationale et des Beaux-Arts sous Léon Blum, député du Loiret dans les années 30, a été le premier condamné politique du régime de Pétain. Incarcéré pendant quarante mois à la maison d’arrêt de Riom en 1940, il disparaît mystérieusement le 20 juin 1944, assassiné par les miliciens du régime de Vichy venus le chercher.