Remarqués à Cannes, "Zulu" et Forest Whitaker arrivent sur les écrans

Par @Culturebox Journaliste, responsable de la rubrique Cinéma de Culturebox
Mis à jour le 02/12/2013 à 11H41, publié le 27/05/2013 à 01H14
Forest Whitaker et Orlando Bloom dans "Zulu"

Forest Whitaker et Orlando Bloom dans "Zulu"

© Eskwad

Jérôme Salle a signé avec brio les deux opus de "Largo WInch" - l'adaptation de la bande dessinée au cinéma. Talentueux, il se retrouvait en clôture à Cannes, avec Forest Whitaker et Orlando Bloom, dans un thriller en Afrique du Sud, "Zulu". Les films de clôture sont souvent insipides. Ce n''était pas le cas cette année avec ce suspens sur fond d'après-apartheid. Le film sort le 4 décembre 2013.

De Jérôme Salle (France), avec Orlando BloomForest WhitakerConrad Kemp - 1h45 - Sortie : 4 décembre 2013

Synopsis 
Dans une Afrique du Sud encore hantée par l'apartheid, deux policiers, un noir, un blanc, pourchassent le meurtrier sauvage d'une jeune adolescente. Des Townships de Capetown aux luxueuses villas du bord de mer, cette enquête va bouleverser la vie des deux hommes et les contraindre à affronter leurs démons intérieurs.
"Zulu" par Jérôme Salle, Forrest Whitaker et Orlando Bloom
Accord parfait
Jérôme Salle qui n’était jamais allé en Afrique du Sud, dit avoir été séduit par le roman de Caryl Férey, transmis par son agent. Assez pour avoir la volonté de l’adapter, de se rendre dans le pays, d’en être envoûté, et de tourner son film sur place avec un équipe locale et cinq Français. Il en tire un thriller de très grande classe, où l’amour pour le pays transpire dans tous les plans. Le meilleur film de clôture du Festival depuis des lustres.

Avant tout, parce que le script est de la dentelle, avec des personnages creusés. Deux flics à la dérive, comme on a vus souvent, mais ici traités de l’intérieur comme on l’a rarement vu. Tous deux, Ali (Forest Whitaker) et Brian (Orlando Bloom) traînent des casseroles à leurs basques, mais ce n’est que progressivement que l’on apprend leur passé, pour mieux éclairer leurs agissements au cours de l’enquête qu’ils ont à charge. Et "à charge" est un euphémisme.
Forest Whitaker menacé dans "Zulu" de Jérôme Salle

Forest Whitaker menacé dans "Zulu" de Jérôme Salle

© Eskwad
Ténèbres
Le génie du script est d’articuler cette histoire dans celle d’un pays au croisement d’un régime raciste et du pardon à ceux qui l’on institué. Les deux enquêteurs se situent à ce carrefour et nourrissent tous les enjeux. Formidable Forest Whitaker, mais tous les qualificatifs suffisent-ils pour reconnaître son talent ? Orlando Bloom ne l’est pas moins. Très bonne idée de Jérôme Salle que de faire appel à lui, à contre-emploi, puisque jusqu’ici toujours dans des rôles positifs, immaculés, dont « Legolas » dans « Le Seigneur des anneaux » est l’archétype. Ces ténèbres nouvelles lui siéent à merveille.

Sujet : MJ Jouan, Z. Berkous, C. Indjeyan
Enfin, la mise en scène de Jérôme Salle est en phase avec le sujet, pris à bras le corps. Rythmé, spectaculaire et violente, elle se veut avant tout le reflet réaliste d’une situation. Celle de l’après-apartheid dans un pays qui n’a pas encore résolu toutes les données de l’équation. Comme le travail d’une Histoire en marche. Passionnant de bout en bout, avec un script au cordeau, des acteurs enthousiastes et un réalisateur au mieux de sa forme - évoquant un William Friedkin -, « Zulu » mérite de faire un carton à partir du 4 décembre, date de sa sortie en salle. Surprise !