Delon samedi sur la croisette : "Il n'y a que le Christ que je n'ai pas joué"

Par @Culturebox
Publié le 23/05/2013 à 14H46
Alain Delon au Festival de Cannes 2010

Alain Delon au Festival de Cannes 2010

© LOIC VENANCE / AFP

Alain Delon a toujours eu des relations conflictuelles avec Cannes. Samedi, le Festival rendra un hommage au plus félin des acteurs, étoile parmi les étoiles, avec la projection du film "Plein soleil" de René Clément en version restaurée. L'occasion de faire briller les yeux bleus envoûtants de l'interprète du "Guépard", de "L'éclipse" et du "Clan des siciliens".

Un acteur de légende

Révélé en 1960 par "Plein Soleil" de René Clément pour qui il garde une admiration sans bornes, Alain Delon a tourné avec les plus grands et sa réputation dépasse très largement les frontières de l'hexagone. "Rocco et ses frères" lance sa collaboration avec le maître italien Luchino Visconti, lequel lui donnera le rôle de Tancrède dans "Le Guépard" (1963), sans doute le plus marquant à ce jour. L'acteur a également joué pour Michelangelo Antonioni dans "L'Eclipse", chef-d'oeuvre du néo-réalisme italien. 

Mais sa carrière française n'est pas en reste puisqu'il rejouera pour René Clément dans "Paris brûle-t-il" (1966), puis entre autre pour Jacques Deray ("La piscine", "Borsalino") et Jean-Pierre Melville ("Le samouraï", "Le cercle rouge"). Sa carrière culmine dans les années 70 où il se bat avec Belmondo (Bebel) pour la place d'acteur français le plus en vogue. Arrive la plus grande performance de sa carrière lorsque Joseph Losey lui offre un rôle d'une extrême complexité qui restera dans les mémoires de tous les cinéphiles, Monsieur Klein (en 1976). 
Bande annonce de "Monsieur Klein" de Joseph Losey (1976)
On lui pardonne sa récente prestation dans "Astérix aux Jeux Olympiques", où il campe un Jules César mégalo fait d'autodérisions lourdingues. 

Delon et le Festival de Cannes : de la rancoeur à l'amour

"Il n'y a que le Christ que je n'ai pas joué. C'est un peu tard.",  a déclaré au Figaro l'acteur Alain Delon qui a depuis longtemps dépassé les 33 ans requis. Pendant dix ans, le "Guépard" avait boudé le festival qui ne l'a jamais récompensé, vexé surtout de ne pas avoir été invité, tout comme Jean-Paul Belmondo, aux célébrations du 50e anniversaire. Les retrouvailles avaient été célébrées en 2007, pour le 60e anniversaire du festival. "Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis!", avait commenté l'acteur.

"Je suis content d'aller (à Cannes) si j'ai une chose spécifique à faire, un film en compétition. Sinon, ça ne m'intéresse pas. Mon attachée de presse m'avait téléphoné de là-bas quand on passait "Monsieur Klein" (1976) : "Si tu viens, tu as le prix."
Alors là, je lui ai répondu : "Vous vous êtes gourés, il ne faut pas me dire ça. Il fallait me dire de venir. Mais me dire si tu viens, tu l'as, ce n'est pas la peine. J'ai le prix ou je ne l'ai pas !", confie-t-il encore au Figaro.

A Cannes, samedi, en invité d'honneur, Alain Delon découvrira la version restaurée de "Plein soleil" (1960) de René Clément qu'il a tourné avec Maurice Ronet et Marie Laforêt. "Les gens pensent souvent que "Plein soleil" venait après Rocco, alors que Visconti m'avait choisi après avoir vu le Clément", précise la star.
Affiche de la version restaurée de "Plein soleil"

Affiche de la version restaurée de "Plein soleil"

© Carlotta Films


A propos de la polémique sur le cachet des acteurs et l'"évasion" Depardieu

"Qu'on ne vienne pas me dire à moi que les acteurs, Dany Boon ou autres, sont trop payés quand on voit les footballeurs. Arrêtez ! Vous avez vu les chiffres ? C'est ahurissant".
 
Quant au départ de France de  Gérard Depardieu, Alain Delon estime "qu'il a sûrement eu ses raisons". "Il y en a beaucoup qui ont envie de faire la même chose, qui se sont tirés en Angleterre. Ce que je n'aime pas, peut-être, c'est le côté Poutine
qui lui donne un passeport. C'est autre chose. Ça devient plus un affront au président de la République", estime l'acteur.