Festival de Cannes : une histoire entre glamour et business

Par @Culturebox
Mis à jour le 17/05/2017 à 16H06, publié le 17/05/2017 à 12H22
Brigitte Bardot au Festival de Cannes, 1956

Brigitte Bardot au Festival de Cannes, 1956

© AFP FILES / UPI-AFP ARCHIVES / AFP

Le festival de Cannes célèbre son 70e anniversaire. L'occasion de revenir sur les premières éditions de cet événement incontournable du 7e art. En toutes ces années, on a assisté sur les plages de la Croisette à la transformation de certaines starlettes en mythes, comme Brigitte Bardot. Et là où il y a du glamour, le affaires ne sont jamais loin : Cannes, le plus gros marché mondial du film...

En 70 ans, Cannes a fait naître des mythes, révélé des réalisateurs, créé des polémiques et des moments de légende. Sur le plus célèbre tapis rouge du monde, les stars du monde entier se pressent pour une montée des marches parfois légendaire. A la fin des années 40, c'est sur les plages de la Croisette que les photographes immortalisaient les starlettes, dont certaines, comme BB, deviendront des icônes. Dans une ambiance bon enfant et moins professionnelle qu’aujourd’hui. Mais déjà, le business n'était pas loin. 

Reportage : M. Vial / O. Pergament

Dès 1946, les cinéastes, actrices et acteurs du monde entier ont répondu à l'appel de Cannes. L'époque est à l'euphorie et à la reconstruction après les traumatismes de la seconde Guerre Mondiale. Sur la Croisette, on veut du glamour, de la légèreté et du cinéma. La particularité de Cannes, c'est la proximité entre les stars, les journalistes et les photographes, comme l'expliquait en 1973 le célèbre journaliste et chroniqueur de cinéma François Chalais. "C'est le seul festival que je connaisse où les gens sont sûrs de se rencontrer. On n'a pas besoin de prendre un rendez-vous". 

Cannes, accélarateur de carrières

Il n'y a pas que les actrices qui sont célébrées et admirées sur la Croisette dans les annés 50. De jeunes acteurs et réalisateurs font également sensation. C'est bien sûr le cas de François Truffaut, 27 ans, qui a ébloui les festivaliers avec son premier long-métrage "Les quatre cents coups", accompagné d'un Jean-Pierre Léaud alors âgé de 14 ans. En 1959, le film reçu le Prix de la mise en scène. De nombreuses carrières ont débuté à Cannes, c'est ce que confiait Alain Delon en 1984, "Ma carrière a commencé à Cannes, j'ai eu ma première proposition ici". 

Jean-Pierre Léaud et François Truffaut à Cannes en 1959

Jean-Pierre Léaud et François Truffaut à Cannes en 1959

© France 3 / Culturebox / capture d'écran

Le plus célèbre tapis rouge du monde

Que serait Cannes sans sa montée des marches et son tapis rouge ? Ici, chaque année, des milliers de cinéphiles se pressent pour tenter d'apercevoir un morceau de robe ou une silhouette de star. Pendant 10 jours, les festivaliers sont une part importante de la magie cannoise. Un public pas comme les autres, qui vient à la fois pour voir des films et des stars. Un public qui se croit un peu chez lui ici, qui ne veut pas toujours voir les barrières entre les célébrités et lui. C'est ce que raconte le documentaire "Le goût du tapis rouge", qui sort en salles ce mercredi 17 mai, jour d'ouverture du festival. "Les spectateurs ne veulent pas être seulement spectateurs, ils veulent être actifs. D'où les petites stratégies qui consistent à essayer d'en voir un plus plus, à dépasser les interdits", explique le réalisateur du documentaire, Olivier Servais. 

Reportage : P.Deschamps / J.M Le Quertier 

Paillettes et gros contrats

Le glamour, la plage, le soleil et les stars ne doivent pas faire oublier que Cannes est devenu, au fil des décénnies, le plus grand marché du film au monde. Ici, chaque année, 3000 films en tout genre sont présentés aux professionnels du monde entier qui ont fait le déplacement. Producteurs, diffuseurs, agents, scénaristes, réalisateurs, acteurs... le business est partout. Certaines actrices très célèbres font parfois le déplacement sans avoir aucun film à présenter, mais un contrat juteux avec une grande maison de luxe à honorer. Se faire photographier sur les marches avec une robe, un sac, un bijou fait désormais partie du métier. Une énorme machine qui continue à faire rêver, c'est l'équilibre délicat qu'il faut conserver.