Cannes 2017 : première mouvementée pour "Okja", le film de Netflix

Par @Culturebox
Mis à jour le 19/05/2017 à 19H31, publié le 19/05/2017 à 10H26
Le réalisateur d'"Okja", le sud-coréen Bong Joon-Ho présente son film produit par Netflix à Cannes. Il sera en compétition pour remporter la Palme d'or. 

Le réalisateur d'"Okja", le sud-coréen Bong Joon-Ho présente son film produit par Netflix à Cannes. Il sera en compétition pour remporter la Palme d'or. 

© ED JONES / AFP

La projection pour la presse d'"Okja" du Sud-Coréen Bong Joon-ho, tout premier film produit et distribué par Netflix à figurer en compétition pour la Palme d'or, a été mouvementée vendredi matin à Cannes. Des soucis techniques, des sifflets et finalement des applaudissements ont ponctué cette première qui devait être suivie à 19h de la projection officielle.

Une première séance en dents de scie

Vendredi matin, à 8h30, la projection du film pour la presse a plutôt mal débuté. Au Grand Théâtre Lumière du Palais, le rideau n'était pas complètement levé sur l'écran pendant les premières minutes du film et masquait les 3/5e, comme par exemple la tête de l'actrice
principale, la Britannique Tilda Swinton.

Dans la salle pleine pour cette première très attendue et controversée, des cris ont fusé pour alerter les techniciens du théâtre.
"Ha ! c'est vraiment pas fait pour le cinéma", s'est exclamé un spectateur dans une allusion à la plateforme américaine aux 100 millions d'abonnés tandis qu'un autre critiquait "une bande d'incompétents".  La projection a repris depuis le début après sept à huit minutes d'interruption.

Interrogé sur cet incident en conférence de presse, Bong Joon-ho a dédramatisé : "Il y a toujours des problèmes techniques dans les festivals, alors là, je suis très heureux que vous ayez pu voir les premières séquences deux fois".  Tout au début du générique, le logo Netflix avait été accueilli par des sifflets. Mais la séance s'est terminée sur une note positive avec des applaudissements des spectateurs conquis.

OKJA rappelle l'univers de Miyazaki

Ce film fantastique raconte le combat d'une jeune fille sud-coréenne pour ramener dans sa montagne son meilleur ami, un immense cochon génétiquement modifié que lui a repris la multinationale américaine à l'origine de la création de l'animal. Rappelant l'univers du réalisateur japonais de films d'animation Hayao Miyazaki, ce film se double de plusieurs messages, en faveur de l'écologie et contre le capitalisme.

 

Le film au centre d'un bras de fer entre Netflix et les salles de cinéma

Depuis l'annonce de la sélection d'"Okja" et de l'autre film distribué par Netflix, "The Meyerowitz Stories", réalisé par Noah Baumbach et qui sera en lice dimanche, un bras de fer oppose la plateforme américaine aux défenseurs des salles de cinéma.

Le géant du streaming ne prévoit pas de sortir dans les salles françaises ces deux oeuvres. Ce qui a bousculé le milieu du 7e art et scandalisé les exploitants français. Sous la pression, les organisateurs du festival ont modifié leur règlement, imposant à partir de 2018 que tout film en compétition s'engage à sortir en salles.

Pour le patron de Netflix, Reed Hastings, "Okja" est un "film incroyable que les salles de cinéma veulent empêcher de faire partie de la compétition à Cannes", écrivait-il la semaine passé sur Facebook au plus fort de la polémique. Il demeure pourtant bel et bien en lice pour la Palme d'or.

Le président du jury Pedro Almodovar ravive la polémique

Mercredi, au premier jour du Festival, pendant la présentation à la presse du jury, c'est son président, l'Espagnol Pedro Almodovar lui-même, qui a relancé la polémique.  Le réalisateur de 67 ans a estimé que la Palme d'or devrait sortir en salles. "Ce serait un énorme paradoxe que la Palme d'or ou un autre prix décerné à un film ne puisse pas être vu en salles", a-t-il dit.

"Il (Almodovar) peut dire ce qu'il veut. Je suis heureux d'avoir mon film ici. Je suis fan de Pedro et quoi qu'il arrive en bien ou en mal, ça me plaît", a répondu vendredi Bong Joon-ho.

Tilda Swinton, qui partage l'affiche avec l'Américain Jake Gyllenhaal ("Prisoners"), a quant à elle été plus critique, jugeant que ces propos "ont compromis les chances" d'"Okja" de figurer dans le Palmarès, tout en reconnaissant que le président du jury avait le droit de "dire ce qu'il veut".

Dans des propos reproduits vendredi par le site internet américain Indiewire, Almodovar a fait une mise au point : "Ni moi ni un membre du jury ne fera de distinctions entre deux films Netflix et les (17) autres en compétition. Nous sommes ici pour avoir un jugement artistique, je tiens à ce que ce soit clair".

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