Cannes 2015 : "Yakuza Apocalypse", nanar de vampires inepte et ridicule

Par @Culturebox
Mis à jour le 26/05/2015 à 10H46, publié le 23/05/2015 à 13H19
Yakusa Apocalypse

Yakusa Apocalypse

© DR

La Quinzaine des Réalisateurs accueillait cette année "Yakuza Apocalypse" (Gôkudo Daisensô), un film de vampires japonais signé du très prolifique Takashi Miike. Il n'y a rien à garder dans ce fatras d'élucubrations et de mauvaises idées sinon une bêtise que ne sauve même pas le second degré. Mais que venait faire ce nanar dans la sélection de cette année ?

La note Culturebox
1 / 5                  ★☆☆☆☆

Ed Wood, c'est Orson Welles. Le cinéaste américain des années 50, réputé le plus mauvais réalisateur de l'histoire du cinéma, vient d'être détrôné. Son héritier est japonais, il s'appelle Takashi Miike et le fait qu'il compte des milliers de fans au Japon n'y change rien : il faut avoir un sacré culot pour oser montrer "Yakuza Apocalypse" (Gôkudo Daisensô). Combats minables, acteurs éructant, scénario complètement crétin et effets spéciaux à hurler de rire tant ils sont ridicules, cette histoire de truands japonais avides de sang puisqu'ils sont des vampires est un nanar comme on ne s'attend pas à en voir dans une sélection de la Quinzaine des Réalisateurs. Peut-être rétorquera-t-on que ce film est l'exemple d'un cinéma qui existe et que Miike est un réalisateur aussi. Dans ce cas, pourquoi pas une oeuvre de John B. Root dans une prochaine sélection ? Il tourne aussi des films et même s'ils sont pornographiques, Il en est le réalisateur !

Comme on le voit dans la bande annonce japonaise, le héros doit finalement affronter un adversaire réputé le plus puissant du syndicat du crime : il n'est autre qu'une énorme grenouille façon Barbapapa du pauvre.

C'est Thanatos qu'on assassine !

L'allusion au cinéma pornographique n'est pas complètement gratuite. La violence est traitée dans ce film comme le sexe l'est dans le porno. C'est-à-dire qu'on imagine des scènes prétexte, sur une trame plus que légère, afin de montrer l'essentiel : des corps en action intime chez B. Root, des mutilations, des flots de sang et des cadavres chez Miike. Dans un cas c'est Eros qu'on assassine, dans l'autre c'est Thanatos, pour autant que ce soit possible.
 

Hayato Ichihara, dans Yakusa Apocalypse

Hayato Ichihara, dans Yakusa Apocalypse

© DR

Tricotage
Inutile de citer toutes les scènes qui dépassent le ridicule. Évoquons juste les prisonniers gardés dans un sous-sol pour servir de garde-manger vivant aux vampires : ils sont enchaînés à une table et contraints de... tricoter, ou encore la redoutable grenouille de carnaval arrivant sur le lieu de son prochain combat à bicyclette et donnant de la sonnette.

Ovni de Roswell
On voit de temps en temps dans les festivals une oeuvre inattendue, ce qu'il est convenu d'appeler un ovni cinématographique. Yakusa Apocalypse serait sans doute à cet égard l'ovni de Roswell, celui qui s'est écrasé. Reste une question : de quel film de qualité nous a-t-on privés à la Quinzaine des Réalisateurs pour inscrire à son programme, certes en séance spéciale, cette chose réservée à l'évidence aux adolescents japonais ?

Yakuza Apocalypse
de Takeshi Miike
1h55
avec Hayato Ichihara, Yayan Ruhian

Synopsis : Kamiura est un chef Yakuza légendaire. On dit qu'il est immortel, en fait c'est un vampire, un chef Yakuza vampire ! Kageyama est le plus fidèle membre de son clan, mais les autres yakuzas se moquent de lui : sa peau est trop sensible pour être tatouée. Un jour, des hommes arrivent de l'étranger et lui délivrent un ultimatum : Kamiura doit retourner à un syndicat du crime international qu'il a quitté ou mourir. Kamiura refuse et son corps est démembré au terme d'une bagarre féroce. Avant de mourir, Kamiura arrive à mordre Kageyama, lui transmettant ses pouvoirs. À son réveil Kageyama va se servir de ces pouvoirs pour venger la mort de son chef et combattre ce syndicat international du crime.