Cannes 2014 : le business, face cachée du festival de Cannes

Par @Culturebox
Mis à jour le 25/05/2014 à 14H36, publié le 24/05/2014 à 23H54
Vue du Village International

Vue du Village International

© Jean-François Lixon - Culturebox

A quelques mètres du glamour, du strass et des vedettes, des centaines de professionnels du cinéma viennent du monde entier pour vendre leurs films, en acheter, prendre des contacts pour monter des projets ou vanter les vertus des cinématographies de nombreux pays. Rencontre avec deux professionnels, l'un vend les films de sa maison de production, l'autre porte les couleurs de la Thaïlande.

Autour du Palais des Festivals, à l'intérieur du bâtiment, à quelques pas des salles de projection, dans des suites d'hôtels, dans des appartements loués pour l'occasion, sur des yachts amarrés dans le port de Cannes, près de 12 000 professionnels du cinéma international passent une semaine et demi de travail intensif. Certains d'entre eux ont à peine le temps d'assister à des projections.

Le marché du film.
C'est un peu la bourse. Ici, on vend, on achète, on évalue les tendances, on surveille la concurrence, on essaie de faire les bons choix, on tente de convaincre les acheteurs (distributeurs internationaux) d'acquérir les films de son catalogue. On fait du commerce. L'art c'est pour les réalisateurs, les acteurs, les techniciens. Le business c'est pour tous ces professionnels qui, à leur manière font vivre aussi le cinéma, mais à l'ombre, loin des projecteurs.

Des salles de projection spéciales, réservées à ces professionnels et fermées au grand public permettent aux maisons de production de montrer leurs "produits", leurs films, aux acheteurs potentiels. Mais il y a encore mieux pour une maison de production : avoir un film sélectionné dans l'une des sections du festival et de préférence bien sûr, la sélection officielle, là où les oeuvres concourent pour la Palme d'Or. Cela équivaut à des millions d'euros de promotion. 11 700 professionnels représentant 108 pays ont passé des marchés pendant ce festival. C'est pour la profession l'évènement le plus important de l'année.

Thierry Laurentin est à Cannes pour vendre le catalogue de la société Mars Films.
Le Village International
Depuis 2000, tout autour du palais des Festivals, le long de la plage flottent des dizaines de drapeaux nationaux. Ils étaient soixante cette année. Sous chacun d'entre eux, un pavillon allant de quelques mètres carrés à plusieurs dizaines accueille un pays. Là, des rendez-vous peuvent être pris avec des professionnels du cinéma de la nationalité représentée. Le public n'y est pas convié, seul les professionnels et la presse y ont accès (plus de 4500 journalistes étaient accrédités cette année). C'est l'occasion de découvir les productions de pays à la filmographie discrète. Plusieurs pays ont fait cette année leurs premiers pas au Village International. C'était le cas du Cameroun, de Chypre, du Danemark, de l'Egypte, de l'Equateur, des Philippines et de Puerto Rico.

Ce n'était pas le cas de la Thaïlande qui met un point d'honneur à être présente chaque année. Non seulement pour présenter des films issus de sa production mais également pour vanter les mérites de son territoire auprès des productions à la recherche de sites de tournage. Malgré les évènements politiques actuels, la Thaïlande était présente à ce festival de Cannes 2014. 

Julien Favre est un jeune professionnel du cinéma. Déjà implantée aux Etats-Unis et au Canada, sa maison de production DViant Films, s'est installé récemment en Thaïlande. Il explique les raisons de ce choix.
Voici quelques titres de films tournés entièrement ou en partie en Thaïlande : "In the Mood for Love" de Wong Kar-waï, "Starwars Episode III la Revanche des Siths" de George Lucas, "Alexandre le Grand" d'Oliver Stone, "Good Morning Vietnam" de Barry Levinson, "La déchirure" de Roland Joffé, "The Lady" de Luc Besson, "Voyage au bout de l'Enfer" de Michael Cimino, "Only God Forgives" de Nicolas Winding Refn.

La bande annonce d'un film tourné en grande partie en Thaïlande : The Railway Man, de Jonathan Treplitski 2013.