Cannes 2014: "Cold in july" polar avec Michael C Hall, Sam Shepard, Don Johnson

Par @Culturebox
Mis à jour le 24/10/2015 à 10H14, publié le 20/05/2014 à 01H59
Sam Shepard, Michael C. Hall et Don Don Johnson dans "Cold in July" de Jim Mickle

Sam Shepard, Michael C. Hall et Don Don Johnson dans "Cold in July" de Jim Mickle

© BSM Studio

Michael C Hall et Don Johnson accompagnaient Jim Mickle à la projection de son film "Cold in July" (Juillet de sang). Un polar très noir qui entraîne un citoyen moyen dans les profondeurs du monde du crime. Entre quête d'identité, recherche de ses propres limites et faux-semblants, un excellent thriller à la fois efficace et sensible. Sam Shepard complète avec force la trilogie de son affiche.

La note Culturebox
4 / 5                  ★★★★☆

Cold in July (Juillet de Sang) de Jim Mickle avec Michael C Hall, Sam Shepard et Don Johnson 1h49

Adapté du roman éponyme de Joe R. Lansdale, ce film nous prévient : nul n'est à l'abri de passer du côté obscur de la force, même et surtout si l'on est animé des sentiments normaux du bon citoyen, artisan et père de famille. C'est en résumé ce qui arrive à Richard Drane (Michael C. Hall). Réveillé en pleine nuit par un cambrioleur, cet encadreur sans histoire et père d'un petit garçon tue celui qui s'était introduit chez lui. Peu de temps plus tard, sa famille est harcelée par le père du malfaiteur (Sam Shepard).

La suite n'est pas du tout celle à laquelle chacun s'attend. Le scénario qui ne laisse aucun répit oblige sans arrêt le spectateur à réviser ses jugements sur les personnages principaux. Plus il avance dans l'histoire, plus Richard Drane perd son innocence : l'Amérique moyenne au sein de laquelle il croyait mener une vie sans histoire est en fait le décor en trompe-l'oeil d'un monde plein de haine, de corruption, de perversions et de vice.

Michael C. Hall devant le public de la Quinzaine des Réalisateurs

Michael C. Hall devant le public de la Quinzaine des Réalisateurs

© Jean-François Lixon - Culturebox

Le choix des trois acteurs principaux est quelque peu hors norme. Michael C. Hall tente sur le grand écran de se défaire de l'image de "Dexter" dont les huit saisons de la série ont fait un personnage planétaire. Loin de son rôle de serial killer, il parvient à le faire oublier et à retrouver une vraie crédibilité en Américain moyen. Son arrivée sur la scène de la salle où venait d'être projeté le film a suscité une véritable ovation.

Deux des trois principaux rôles devant le public de la Quinzaine des Réalisateurs : Don Johnson et Michael C. Hall

Deux des trois principaux rôles devant le public de la Quinzaine des Réalisateurs : Don Johnson et Michael C. Hall

© Jean-François Lixon - Culturebox

Autre personnalité passée avec succès par la case télévision, Don Johnson (Deux flics à Miami). Il a certes vieilli mais à 64 ans, il joue toujours les charmeurs, en détective privé habillé en chanteur country. Hableur et tape à l'oeil, il sait cependant se défaire de cette légèreté apparente dès qu'il s'agit de passer aux choses sérieuses. Lors de l'échange avec le public cannois et alors que Jim Mickle expliquait qu'il avait décidé de laisser l'histoire se dérouler, comme dans le roman, en 1989, Don Johnson prenait le micro pour ajouter avec beaucoup d'humour et d'autodérison qu'il avait lui-même joué le rôle de conseiller technique sur les années 80 ! Mickle lui a rendu un hommage discret en citant "Hot spot" parmi les films qui l'ont influencé.

Sam Shepard joue le père du cambrioleur. A 70 ans, il perdu la silhouette élancée et le visage émacié de Chuck Yeager dans "L'étoffe des héros". On sent qu'il n'a pas tenté de courir après les apparences de la jeunesse, comme une vedette de Hollywood. Il a vieilli comme vieillit un homme qui n'a pas peur du temps qui passe. Cette vérité habite son personnage. Il est un autre Sam Shepard, difficilement reconnaissable autrement que dans la force de son regard toujours aussi droit.

Le casting, la mise en scène, et le bouche-à-oreille devraient accorder à ce film la faveur du public. A la condition express de trouver un meilleur titre français que celui sous lequel il était proposé à Cannes. "Juillet de sang" n'est en effet pas vendeur et fait penser au titre d'un mauvais film fantastique. Il serait dommage que cette maladresse prive le film d'une partie de son audience.