Cannes 2014 : "Catch me daddy" lourd thriller ethnique anglo-pakistanais

Par @Culturebox
Mis à jour le 17/05/2014 à 09H11, publié le 17/05/2014 à 08H51
Sameena Ahmed est la principale interprète de "Catch Me daddy"

Sameena Ahmed est la principale interprète de "Catch Me daddy"

© DReamworks

Présenté à la Quinzaine des Réalisateurs, "Catch me Daddy" de Daniel Wolfe est un thriller dans la communauté pakistanaise de l'Angleterre d'aujourd'hui. Un homme envoie son fils aîné accompagné par des hommes de main rechercher sa fille d'une vingtaine d'années qui se cache avec son petit ami britannique. Une traque qui aura des conséquences plus dramatiques que prévu.

La note Culturebox
4 / 5                  ★★★★☆

"Catch me Daddy". Film britannique de Daniel Wolfe. Avec Conor McCarron, Sameena Ahmed, Gary Lewis, Wasim Zakir, Anwar Hussain... 1h47

Attention, il ne faudrait pas se fier au titre du film. Il est le seul élément léger de cette production particulièrement dramatique. Filmé principalement de nuit, "Catch me Daddy" raconte l'histoire d'une jeune fille pakistanaise, Laila (Sameena Ahmed). Elle se cache de sa famille qui refuse sa liaison avec un jeune homme britannique (Conor McCarron). Le père de Laila envoie son fils aîné à la recherche du couple, il est accompagné d'hommes de main pakistanais mais aussi de deux Anglais à qui a été promise une récompense.

Un western sans espoir dans le Yorkshire
C'est en effet une histoire digne d'un western. Cette poursuite d'un couple d'amoureux par les hommes de main du père de la jeune fille pourrait avoir pour cadre les immensités américaines, ou la jungle d'une ville des Etats-Unis. Nous sommes en Angleterre et plus précisément dans le West Yorkshire pour lequel ce film ne constitue pas vraiment une oeuvre de promotion touristique. C'est l'Angleterre triste d'une campagne sans charme, des murs de briques et des fast food pakistanais. On ne s'y poursuit pas à cheval, mais en voiture et à pied.

Des conséquences dramatiques
Sans dévoiler le scénario qui mérite vraiment d'être découvert au fil du visionnage du film, on peut cependant confier que l'affaire ira beaucoup plus loin que ne le pensait le père intolérant. Immigrant de la première génération, il ne supporte pas que sa fille adopte un mode de vie occidental. Le film se termine sur un tête à tête presque insupportable entre Laila et son père partagé entre ce qu'il pense être son devoir et l'amour qu'il porte toujours à sa fille.


Des comédiens professionnels et des amateurs
Daniel Wolfe et son frère Matthew, associé étroitement à la réalisation, tenaient à mêler des interprètes professionnels et des amateurs. C'est d'ailleurs une tendance importante des films vus jusqu'alors à Cannes cette année. Il est impossible de savoir, sans en être prévenu à l'avance, où sont les uns et les autres. Le rôle principal, tenu par la jeune Sameena Ahmed est pourtant très lourd et nuancé. Elle le remplit à merveille. Si une partie des dialogues étaient écrits, le réalisateur a voulu laisser une grande part à l'improvisation. Un choix qui compliquait singulièrement le casting des non professionnels.

Inspiré par la réalité
Le film ne transige jamais avec la réalité. Il est glauque dans le sens premier du mot : verdâtre. Le scénario a été inspiré par un article de la presse britannique relatant un crime "d'honneur" perpétré dans la communauté pakistanaise et dont la victime était une jeune fille rebelle. Le suspens est mené de telle manière que la fin, que nous ne dévoilerons pas ici, interpelle le spectateur au plus profond.