« Cosmopolis » en compétition à Cannes : Cronenberg saoulant

Par @Culturebox
Mis à jour le 02/05/2013 à 20H45, publié le 15/05/2012 à 13H56
Film projeté en Compétition officielle.

Film projeté en Compétition officielle.

© Stone Angels

De David Cronenberg (Canada/France/Italie/Portugal), avec : Robert Pattinson, Juliette Binoche, Paul Giamatti, Mathieu Amalric, Samantha Morton, Sarah Gadon - 1h48 - Sortie : 25 mai

Synopsis : Dans un New York en ébullition, l'ère du capitalisme touche à sa fin. Eric Packer, golden boy de la haute finance, s’engouffre dans sa limousine blanche. Alors que la visite du président des Etats-Unis paralyse Manhattan, Eric Packer n’a qu’une seule obsession : une coupe de cheveux chez son coiffeur à l’autre bout de la ville. Au fur et à mesure de la journée, le chaos s’installe, et il assiste, impuissant, à l’effondrement de son empire. Il est aussi certain qu’on va l’assassiner. Quand ? Où ? Il s’apprête à vivre les 24 heures les plus importantes de sa vie.

Cosmopolis : la bande annonce

Grosse fatigue
Habitué du Festival de Cannes où il a son rond de serviette – Prix spécial du jury en 1996 pour « Crash », président du jury en 1997 -, cela faisait tout de même sept ans que le Canadien n’avait pas présenté de film sur la Croisette, le dernier étant « History of Violence » en 2005, si l’on excepte sa participation au film anniversaire du 60e Festival en 2007. Ce retour très attendu avec « Cosmopolis » a franchement déçu la première de presse vendredi matin.

Comme d’habitude scénariste et réalisateur, Cronenberg a voulu traiter de la crise financière, à travers la personnalité d’un golden boy de Wall Street qui traverse de long en large New York à bord de sa limousine blanche, tagué par des manifestants altermondialistes. La promotion du film est largement assuré par Robert Patinson, starifié par la franchise « Twilight », qui a du en baver pour apprendre les tirades interminables qui abondent dans « Cosmopolis », très largement filmés en plans séquence.

Sarah Gadon dans "Cosmopolis" de David Cronenberg

Sarah Gadon dans "Cosmopolis" de David Cronenberg

© Stone Angels

Rupture
C’est dire si l’on décroche vite, tant les dialogues de Cronenberg sont alambiqués, voire obscures, déblatérés sur une durée d’1h48. Aussi, « Cosmopolis » aurait plus sa place sur une scène de théâtre, tant sa cinématographie est pauvre et son verbiage abondant, peut-être plus appréciable en prise direct sur des planches.

Pour la première fois, Cronenberg semble avoir rompu avec la cohérence de son œuvre, même perceptible dans les films qui en étaient les plus éloignés. Reste bien la froide élégance de ses images, et cette « limo » à l’intérieur aseptisé qui rappelle un vaisseau spatial. Juliette Binoche, Mathieu Amalric, Paul Giamatti, la magnifique Sarah Gaden viennent comme pour faire leur numéro, aux basques d’un Robert Pattinson de tous les plans. Le pire reste que l’on ne comprend rien à cet exposé ampoulé, sur un vrai sujet qui, sur le papier, était alléchant : Saoulant et vain.