Cannes : pas de réalisatrices en compétition cette année

Par @Culturebox
Mis à jour le 02/05/2013 à 20H43, publié le 13/05/2012 à 16H38
L'affiche du 65e festival de Cannes

L'affiche du 65e festival de Cannes

© Otto L. Bettmann / Bronx / Festival de Cannes / AFP

La première polémique cannoise a éclaté avant l'ouverture du Festival : fustigé pour l'absence de réalisatrices dans la compétition, le responsable de la sélection Thierry Frémaux a refusé, ce week-end toute notion de discrimination positive envers les femmes.

Le Festival de Cannes ne sélectionnera "jamais un film qui ne le mérite pas simplement parce qu'il est réalisé par une femme", a dit le délégué-général du festival, chargé du choix des films en sélection officielle (60 cette année) dont ceux en lice pour la Palme d'Or (22). "Cela mènerait à une politique de quotas", a-t-il déclaré après la tribune d'un collectif de femmes parue dans Le Monde daté de samedi, dénonçant une sélection "exclusivement masculine de films en compétition". "A Cannes, les femmes montrent leurs bobines, les hommes leurs films", écrivent-elles: "Les 22 films de la sélection officielle ont été réalisés, heureux hasard, par 22 hommes".

Initiative du collectif La Barbe, le texte est signé, entre autres, par la réalisatrice Coline Serreau, la romancière et réalisatrice Virginie Despentes et la comédienne Fanny Cottençon.
   
Thierry Frémaux dit que si le problème est bien réel - "nul doute que la place faite aux femmes doit être augmentée" dans le cinéma estime-t-il : "Ce n'est pas à Cannes, ni au mois de mai, qu'il faut poser le problème, c'est toute l'année". Par conséquent, "accuser le Festival ne sert strictement à rien", conclut-il.

Les signataires du texte déplorent la place laissée aux femmes, cantonnées "en vitrine" comme maîtresse de cérémonie, à l'image de Bérénice Bejo cette année, ou sur "papier glacé" comme "icônes troublantes" célébrées pour "leur beauté, grâce ou légèreté", à l'image de Marilyn Monroe, affiche du Festival. "Surtout, ne pas laisser penser aux jeunes filles qu'elles pourraient avoir un jour l'outrecuidance de réaliser des films et gravir les marches du Palais autrement qu'au bras d'un prince charmant", ajoutent-elles.

L'an dernier, quatre réalisatrices figuraient en compétition officielle pour la Palme d'Or, dont l'une, la Française Maiwenn, a reçu le Grand Prix. Jane Campion reste l'unique Palme d'or féminine de l'histoire, décernée en 1993 pour "La Leçon de Piano".