Cannes 2017 : Arnaud Desplechin, le cinéaste du désordre amoureux

Par @Culturebox
Mis à jour le 17/05/2017 à 10H58, publié le 17/05/2017 à 10H51
L'an dernier, lors de la 69e édition du Festival de Cannes, le réalisateur des "Fantômes d'Ismaël", Arnaud Desplechin, était membre du jury.

L'an dernier, lors de la 69e édition du Festival de Cannes, le réalisateur des "Fantômes d'Ismaël", Arnaud Desplechin, était membre du jury.

© Thibault Camus/AP/SIPA

Arnaud Desplechin est un habitué de Cannes, où il était déjà présent en 1992, avec son premier film "La sentinelle". Cette année, il présente "Les fantômes d'Ismaël", hors-compétition, en ouverture de la 70e édition du Festival de Cannes. Un réalisateur aux influences multiples, qui s'inscrit dans la tradition auteuriste du cinéma français.

"Le travail de metteur en scène consiste à faire faire de jolies choses à de jolies femmes." Cette phrase aurait pu être prononcée par Arnaud Desplechin. Mais c’est François Truffaut qui l’a écrite, il y a plus de 50 ans, à propos du film "Bonjour tristesse" d’Otto Preminger, adapté du roman éponyme de Françoise Sagan (1958). A 56 ans et auteur d’une dizaine de long-métrages, Desplechin fait partie des réalisateurs français qui s’inscrivent dans la lignée de l’auteur des « 400 coups ». Comme dans les films de Truffaut, la relation hommes-femme est centrale dans l'oeuvre de Desplechin. Le sentiment amoureux est le premier moteur des personnages. Dans l’émission "La grande table" sur France Culture, il déclarait il y a quelques jours au sujet du motif amoureux : "Je ne vois pas l'amour comme sentiment mais comme moyen de connaissance du monde, et de soi, en se laissant inventer.(*)" Une nécessité amoureuse qu'il tisse de films en films.

Truffaut avait Léaud, Desplechin a trouvé Amalric

L’amour des actrices (et des acteurs) est aussi un point sur lequel se rejoignent les deux cinéastes. Au cours de sa vie de cinéaste, François Truffaut a porté à l’écran les plus belles actrices, comme Jeanne Moreau, Bernadette Lafont, ou Catherine Deneuve. Parmi les muses de Desplechin figurent Jeanne Balibar ou Emmanuelle Devos, mais aussi Catherine Deneuve qui joue dans deux de ses films.
Pour "Les Fantômes d’Ismaël", avec lequel il va ouvrir la 70e édition du Festival et qu'il présente hors-compétition, il a fait appel à Charlotte Gainsbourg et à Marion Cotillard qui partagent l’affiche avec Mathieu Amalric et Louis Garrel. C'est la sixième fois qu'Amalric et le réalisateur travaillent ensemble sur un film. A propos de leur collaboration et de leur processus de création commun, le réalisateur déclarait : "Je ne sais plus ce qui est de l'invention de Mathieu Almaric ou de la mienne, ce qui me semble être une définition satisfaisante de l'amitié..."(*). Une des relations cinématographiques les plus prolifiques du cinéma français, qui dure depuis plus de 20 ans. Plus longue que celle qui unissait Léaud et Truffaut.

Sexualité, philosophie et désordre amoureux

Sexualité, philosophie, famille, névroses, deuil… Autant de thèmes abordés par le natif de Roubaix, souvent avec légèreté, dans ses films. Mais Desplechin ne se montre pas non plus insensible à l'air du temps (notamment en ce qui concerne la musique), comme en témoigne cette scène de thérapie de groupe...
Il considère le hip hop comme "la musique de (sa) génération" et voue un culte au rappeur de Los Angeles, Kendrick Lamar. Ce qui fait de lui un descendant de Truffaut, porté sur la psychanalyse, avec une dose de "street credibility". L’année 2017 est pour lui celle des honneurs. Après le prix meilleur réalisateur à la cérémonie des Césars pour "Trois souvenirs de ma jeunesse", il vient d’apprendre qu’on allait lui remettre la Légion d’honneur, en plus d’avoir celui d’ouvrir le 70e Festival de Cannes. Pas facile de rester Humble avec tout ça !

(*) propos reccueillis par Olivia Gesbert dans la Grande Table (France Culture) 

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