Fespaco : sobre cérémonie d'ouverture du 24e festival de cinéma de Ouagadougou

Par @Culturebox
Mis à jour le 01/03/2015 à 11H01, publié le 01/03/2015 à 10H59
Le délégué général du Fespaco, Ardjouma Soma (à gauche) et, à côté de lui, le ministre de la culture Jean Claude Dioma assistent au lancement de la 24è édition du festival de cinéma de Ouagadougou.

Le délégué général du Fespaco, Ardjouma Soma (à gauche) et, à côté de lui, le ministre de la culture Jean Claude Dioma assistent au lancement de la 24è édition du festival de cinéma de Ouagadougou.

© AHMED OUOBA / AFP

La 24e édition biennale du festival de cinéma de Ouagadougou (Fespaco), la plus grande manifestation du septième art africain, s'est ouverte le 28 février au soir à Ouagadougou dans la sobriété, quatre mois après la chute de l'ex-président burkinabè Blaise Compaoré. 133 films sélectionnés, 19 en compétition, le palmarès sera décerné le 7 mars par le président du jury, le ghanéen Kwaw Ansah.

Quelque 4.500 personnes étaient réunies au Palais des sports de la capitale burkinabè (beaucoup moins que le public habituellement présent sur le stade de Ougadougou) pour une brève et très sobre cérémonie d'ouverture animée par l'artiste burkinabè Alif Naaba et le Sénégalais Ismaël Lö.

Une cérémonie d'ouverture en retenue, dans le contexte africain actuel

Quatre mois après la chute de Blaise Compaoré, chassé par la rue après 27 ans de règne, la cérémonie est restée très sobre, sans feux d'artifices ni grandes prestations artistiques. Le président Michel Kafando était représenté par son Premier ministre le lieutenant-colonel Yacouba Zida, accompagné de la moitié de son gouvernement.
Ouverture FESPACO 2015 2 © AHMED OUOBA / AFP
"C'est un spectacle d'ouverture sobre, complètement différent de ce qu'on a vécu jusque-là au FESPACO", pestait Seydou Ouédraogo, un festivalier burkinabè de 32 ans. Le festival se déroule "dans un contexte sécuritaire sous-régional tendu" a déclaré le ministre burkinabè de la Culture Jean-Claude Dioma, se félicitant du maintien de la programmation de tous les films, "Timbuktu" y compris, dont  l'éventuel retrait a défrayé la chronique.

"Timbuktu" maintenu

Le gouvernement burkinabé a coupé court à la rumeur en annonçant la projection de ce film qui dénonce les exactions des jihadistes au Mali, et qui a triomphé en France cette année à la cérémonie des Césars, remportant sept prix dont celui du meilleur film. "Mais pour accompagner cela, des mesures sécuritaires renforcées vont être prises", a indiqué Jean-Claude Dioma, faisant état de "risques" que les autorités avaient d'abord dû évaluer.
"Timbuktu" est l'un des films favoris du Fespaco.

"Timbuktu" est l'un des films favoris du Fespaco.

© Le Pacte
Quelque 133 films ont été sélectionnés sur 680 pour ce 24è Fespaco qui aborde cette année le thème de la production et de la diffusion du cinéma africain à l'ère du numérique. Le jury présidé par le réalisateur ghanéen Kwaw Ansah, vainqueur en 1989, remettra l'Etalon d'or de Yennenga, la distinction plus prestigieuse, à l'un des dix-neuf films en compétition.

En compétition, notamment, "Rapt à Bamako" ou "Morbayassa, le serpent  de Koumba"

Outre Abderrahmane Sissako, habitué du Fespaco et lauréat en 2003, on compte parmi les favoris le Malien Cheikh Oumar Sissoko, vainqueur en 1995, qui présente "Rapt à Bamako". Le Guinéen Cheik Fantamady Camara, prix du public en  2007, concourt aussi pour le grand prix avec son film "Morbayassa, le serpent  de Koumba".

Fondé en 1969, le Fespaco se tient tous les deux ans au Burkina Faso, pays sahélien pauvre dont il constitue la carte de visite à l'international. D'une durée d'une semaine, le Fespaco se conclura le samedi 7 mars.