Etats-Unis : pour protester contre Trump, 90 cinémas vont projeter "1984" adapté d'Orwell

Par @Nijikid Journaliste, responsable de la rubrique Rock-Electro-Rap de Culturebox
Mis à jour le 23/02/2017 à 11H32, publié le 22/02/2017 à 18H06
John Hurt incarne Winston, le personnage principal, dans le film "1984" de Michael Radford sorti en 1984

John Hurt incarne Winston, le personnage principal, dans le film "1984" de Michael Radford sorti en 1984

© Umbrella-Rosenblum Films Product / Collection ChristopheL/ AFP

Plusieurs dizaines de cinémas à travers les Etats-Unis ont décidé d'une action coordonnée pour protester contre la politique du président américain Donald Trump. Ils projetteront tous le même jour "1984" de Michael Radford, l'adaptation au cinéma du roman dystopique du même nom de George Orwell.

Quand la réalité rejoint la fiction

Le jour de projection n'a pas été choisi par hasard : il s'agit du 4 avril, la date à laquelle le personnage principal du roman d'anticipation de George Orwell, Winston Smith, commence à écrire dans son journal de bord illégal alors qu'il vit sous un régime totalitaire "en Oceania", où sévit la redoutable "police de la pensée" et où règne le fameux "Big Brother" qui scrute les moindres faits et gestes des habitants.

Dans le film de Michael Radford sorti en 1984, le comédien britannique John Hurt, disparu le mois dernier,  incarne Winston Smith, employé du "ministère de la vérité" dont le travail consiste à remanier les archives historiques et les faits afin de les faire correspondre à la propagande du parti. John Hurt y donne la réplique à Richard Burton et Suzanna Hamilton.

"Le portrait que fait Orwell d'un gouvernement qui fabrique ses propres faits, réclame une totale obéissance et diabolise ses ennemis étrangers, n'a jamais été aussi opportun", écrivent les organisateurs de ce mouvement qui réunit 90 cinémas dans 79 villes de 34 états américains, plus un à Toronto, au Canada.


Les cinémas participants, réunis sous le nom de United State of Cinéma, ajoutent qu'il soutiennent le National Endowment for the Arts (le Fonds national pour les Arts, une agence culturelle fédérale des Etats-Unis chargée d'aider les artistes et les institutions culturelles du pays) et qu'ils considèreront "tout tentative de saborder ce programme comme une attaque contre la liberté d'expression et de création". 

Les cinémas participants ont prévu de reverser une partie des recettes des projections de "1984" à des oeuvres de charité ou à des programmes d'éducation. 

A l'ère Trump, le roman d'Orwell connaît un regain d'intérêt

Depuis l'arrivée à la Maison blanche de Donald Trump et l'avènement de ce que son administration appelle les "faits alternatifs", les ventes du roman d'anticipation de l'écrivain anglais George Orwell paru en 1949 ont connu un boom des ventes aux Etats-Unis, et dans une moindre mesure en Europe. 

Pour la psychologue Marilyn Wedge, auteure d'une tribune sur le site Psychology Today, il est possible d'opérer un rapprochement entre "1984" et les pratiques de la jeune administration Trump. "Entrons-nous dans un régime autoritaire avec à sa tête un homme fort qui veut contrôler les esprits des Américains comme il a contrôlé ceux qui assistaient à ses meetings de campagne ? La réponse semble être oui. (...) Le nouveau président américain "essaye de nous faire croire ce que lui et ses conseillers déclarent plutôt que ce que nous disent nos propres yeux", estime-t-elle.

L'acteur John Hurt incarne Winston dans "1984" de Michael Radford.

L'acteur John Hurt incarne Winston dans "1984" de Michael Radford.

© Umbrella-Rosenblum Films Product / Collection ChristopheL/ AFP