Droits d'auteur : Bertrand Tavernier interpelle le président Juncker

Par @Culturebox
Mis à jour le 26/09/2014 à 14H42, publié le 26/09/2014 à 14H32
Bertrand Tavernier en octobre 2013.

Bertrand Tavernier en octobre 2013.

© FRANCOIS LO PRESTI / AFP

Le cinéaste Bertrand Tavernier, également président de la commission cinéma de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD), interpelle le nouveau président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker sur la question des droits d'auteur dans une tribune publiée vendredi 26 septembre.

"Qu'il nous prouve que son engagement passé en faveur de la culture en Europe soit aussi celui qui guidera son avenir, le sien et celui de l'Europe", écrit le cinéaste à propos de Jean-Claude Juncker, nouveau président de la Commission européenne, publiant sa tribune sur le site européen Euractiv.

L'exception culturelle en question

Bertrand Tavernier fait référence à des propos tenus en 2005 par Jean-Claude Juncker affirmant que "la culture ne se prête pas à l'harmonisation" ou encore à la "standardisation". Le réalisateur de "Quai d'Orsay" ou de "Dans la brume électrique" préside la commission cinéma de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques, organisme français de gestion collective qui a pour mission de percevoir et répartir les droits d'auteur.

Comme d'autres professionnels de la culture avant lui, Bertrand Tavernier relève des propos tenus récemment par Jean-Claude Juncker dans une lettre adressée au nouveau commissaire au Numérique où il dit qu'il faut "briser les barrières nationales en matière de réglementation du droit d'auteur".

Protéger la création
   
"Briser, casser, détruire le droit d'auteur pour quoi faire d'ailleurs ?",  demande le cinéaste. "Fragiliser les auteurs est encore plus aberrant lorsque l'on sait que cela aboutira à renforcer les grands commerçants de nos oeuvres et les géants du Net", affirme-t-il. Le droit d'auteur "peut encore bouger. Il le doit même pour faire du droit  d'auteur le droit des auteurs et un droit qui ne se réduit pas à la protection des acteurs économiques", écrit le réalisateur.
 
"Mais, la modernité, qu'on attribue souvent à tort à ceux qui pensent que tout doit être permis parce que tout est possible, n'est pas du côté de ceux qui veulent casser ou détruire. Elle est à mettre au crédit de ceux qui veulent  défendre la culture, soutenir la création européenne et consolider le droit des  auteurs", dit-il.