Donald Trump reçu au Mexique : "une trahison" pour le cinéaste González Iñárritu

Par @Culturebox
Mis à jour le 02/09/2016 à 16H01, publié le 02/09/2016 à 16H02
Le cinéaste mexicain Alejandro González Iñárritu le 28 février 2016, à Hollywood.

Le cinéaste mexicain Alejandro González Iñárritu le 28 février 2016, à Hollywood.

© ANGELA WEISS / AFP

Donald Trump a été reçu mercredi par le président mexicain Enrique Peña Nieto. Une visite vivement critiquée par Alejandro González Iñárritu. Dans les colonnes du quotidien espagnol El Pais, le réalisateur de "The Revenant" a désigné cette invitation comme "une honte" et un "manque de dignité".

La venue de Donald Trump au Mexique mercredi n'est pas passée inaperçue pour Alejandro González Iñárritu. Alors que le candidat républicain à la Maison blanche promet d'ériger un mur à la frontière entre les deux pays pour tarir le flot de clandestins, aux frais du Mexique, cette visite à été vivement critiquée au Mexique. 

"L'invitation d'Enrique Peña Nieto à Donald Trump est une trahison", écrit dans El Pais Iñarritu - qui a reçu l'Oscar du meilleur réalisateur en 2015 et 2016 pour "Birdman" et "The Revenant". "C'est appuyer et légitimer celui qui nous a insultés, nous a craché dessus et nous a menacé depuis plus d'un an aux yeux du monde entier." Il poursuit : "C'est manquer de dignité et renforcer une campagne politique de haine envers nous."

"Tristesse", "indignation" et "honte"

Le cinéaste né il y a 53 ans à Mexico a dit sentir "une profonde tristesse", "indignation" et "honte". Il a reproché à son gouvernement de ne pas avoir déclaré Donald Trump "persona non grata" sur le sol du Mexique. Le candidat républicain promet l'expulsion de millions de Mexicains qui vivent sans papiers aux Etats-Unis. Il avait débuté l'an dernier sa campagne en déclarant que le Mexique faisait passer à travers la frontière "des violeurs" et autres criminels. 

Dans une interview télévisée, mercredi, Peña Nieto avait répondu aux critiques des Mexicains en disant qu'il fallait "faire face". Trump, de son côté, n'a pas présenté d'excuses mais a redoublé d'agressivité envers les migrants mexicains qualifiés de "criminels", lors d'un meeting à Phoenix en Arizona.