Décès de Jacques Rivette, figure de la Nouvelle vague

Par @Culturebox
Mis à jour le 31/01/2016 à 10H27, publié le 29/01/2016 à 13H11
Jacques Rivette au festival de Venise en 2009

Jacques Rivette au festival de Venise en 2009

© Damien Meyer/AFP

Le réalisateur français, Jacques Rivette, figure de la Nouvelle Vague, est décédé à l'âge de 87 ans.

Le réalisateur de "Paris nous appartient", "La religieuse", "L'amour fou" avait eu le Grand Prix à Cannes pour "La Belle noiseuse" en 1991. Homme discret, voire secret, érudit et d'une immense mémoire, Jacques Rivette était un cinéaste influent mais qui se tenait en marge, souvent ignoré du grand public.
 
Fils de pharmacien né à Rouen en 1928, Jacques Rivette s'était passionné très tôt pour le cinéma, animant un ciné-club dans sa ville natale et réalisant un court métrage, "Aux quatre coins", dès 1949.

Des films expérimentaux et souvent longs 

Il part étudier à Paris, où il rencontre Eric Rohmer, avec qui il fonde la Gazette du cinéma en 1950, avant de rejoindre les Cahiers du cinéma où il retrouve François Truffaut et Jean-Luc Godard. Il sera rédacteur en chef de la revue de 1963 à 1965. Les auteurs de la Nouvelle Vague contestent l'académisme du cinéma français et défendent de nouvelles idées en matière d'écriture et de réalisation.

Jacques Rivette voulait faire des films expérimentaux et n'hésitait pas à tourner des films très longs pour imposer un rythme lent, laissant à ses comédiens une liberté d'improvisation au spectateur une certaine liberté pour découvrir les personnages.
Jacques Rivette évoque le tournage de "Paris nous appartient"


En 1962, "Paris nous appartient"

Jacques Rivette travaille avec Renoir, un de ses maîtres, comme stagiaire sur "French cancan" et "Ali Baba et les 40 voleurs" avant de tourner en 1956 un court métrage, "Le Coup du berger", considéré comme le début de la Nouvelle Vague.
 
Son premier long métrage, "Paris nous appartient", est sorti en 1962. Le deuxième, "La religieuse", avec Anna Karina et adapté de Diderot. Le film, sur une jeune fille mise de force dans un couvent, est censuré à sa sortie, ce qui déclenche un grand mouvement de protestation. Il sera finalement autorisé en 1967 mais restera interdit aux moins de 18 ans.

 
Avec "L'Amour fou" (1968) et, "Out 1",(1971), un film fleuve de 12h30 qui ressortira en huit épisodes, il approfondit ses recherches sur l'improvisation et le mélange entre fiction et documentaire. "Out 1, considéré par la critique et une partie de la profession comme un événement majeur, est une adaptation libre d'"Histoire des Treize", un roman de Balzac.

Avec "Céline  et Julie vont en bateau", il touche au fantastique mais revient à un certain  réalisme dans "Le Pont du Nord".

Jacques Rivette a obtenu un succès public et critique en 1991 avec "La Belle Noiseuse", film sur les affres de la création (avec Emmanuelle Béart) qui lui vaut le Grand Prix de Cannes, avant un diptyque sur Jeanne d'Arc, "Jeanne la Pucelle", incarnée par Sandrine Bonnaire.

Il avait réalisé une vingtaine de films dont le dernier, "36 vues du pic Saint-Loup", était sorti en 2009.


Anna Karina : "Le cinéma français perd un de ses réalisateurs les plus libres"

Il était "l'un des plus lucides, les plus inventifs, les plus libres de la  Nouvelle Vague", a souligné l'ancien critique et ex-président du Festival de  Cannes Gilles Jacob.
   
"Le cinéma français perd un de ses réalisateurs les plus libres et les plus inventifs", a renchéri l'actrice Anna Karina, qui avait joué avec lui dans  "Suzanne Simonin, la Religieuse de Diderot" ("La religieuse" et dans "Haut, Bas, Fragile".

"Avec Jacques Rivette disparaît l'un des plus grands cinéastes de l'intime et de l'impatience amoureuse. C'est un jour de profonde tristesse", a déclaré sur Twitter la ministre de la Culture Fleur Pellerin.

"Jacques Rivette était l'un des plus grands cinéastes, il a marqué plusieurs générations" et "offert des rôles majeurs à des actrices qui sont entrées dans l'histoire du cinéma", a déclaré le président François Hollande.
Jacques Rivette parle de "La Religieuse"