Cité du cinéma de Luc Besson : ouverture d'une enquête préliminaire

Par @Culturebox
Mis à jour le 20/12/2013 à 09H14, publié le 19/12/2013 à 17H38
Luc Besson en novembre 2013.

Luc Besson en novembre 2013.

© Mandy Cheng /AFP

Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire portant sur les conditions de financement de la construction et du fonctionnement de la Cité du cinéma, créée à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) par le réalisateur Luc Besson. Cette enquête fait suite à un signalement de la Cour des comptes.

Installée dans une ancienne centrale thermique à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), la Cité du cinéma avait été inaugurée en septembre 2012 en l'absence remarquée de la ministre de la Culture Aurélie Filippetti, accusée à l'époque d'avoir "séché" la réception.

Sur quoi portent les soupçons de la Cour des comptes ?
Dans une "note confidentielle" révélée mi-novembre par Le Parisien, les magistrats de la Cour des comptes avaient évoqué des faits susceptibles d'êtres reconnus comme "délit de détournement de fonds publics et de recel de ce délit".

Les juges financiers affirment dans cette note que "le financement public de la Cité du cinéma, décidé par quelques hauts responsables publics (...) a été effectué pour permettre l'aboutissement du projet qu'une société privée portait pour son bénéfice, le caractère général du projet restant à démontrer".

"La proximité de M. Besson et de certains de ses collaborateurs avec les plus hautes autorités de l'Etat a pu favoriser une intervention concertée des acteurs publics", ajoute-t-elle, soulignant que le directeur général d'EuropaCorp Christophe Lambert avait "travaillé auprès de Nicolas Sarkozy pendant la campagne de 2007".

Europacorp se défend
Dans un communiqué, Europacorp, la société de Luc Besson, s'était indignée de "cette mise en cause indue" de la Cour des comptes et relevait n'avoir "été interrogée par personne". EuropaCorp avait déploré "que cette magnifique réalisation soit prise en otage pour des règlements de compte politiques".

Rappelant qu'elle n'est "que locataire de la Cité du cinéma", EuropaCorp a par ailleurs estimé jeudi que "l'enquête démontrera que, pas plus que ses dirigeants ou actionnaires, elle n'a bénéficié d'un quelconque détournement de fonds publics". "La Cité du cinéma était bien un projet d'intérêt général non seulement pour le département de Seine-Saint-Denis mais aussi au plan national", ajoute la société. "Le temps est venu de voir levée une suspicion infondée", dit-elle.

Europacorp a rappelé que la Cité du cinéma "a été financée par un partenariat public-privé (La Caisse des Dépôts et le Groupe Vinci) et c'est ce modèle de financement qui a permis sa réalisation - sans l'intervention financière de la Seine-Saint-Denis".
   
Le montage financier de la Cité du cinéma avait été bouclé en 2008 : 170 millions d'euros, dont 140 millions pour l'achat du foncier, détenu à 100% par la société Nef-Lumière (75% la Caisse des dépôts, 25%Vinci) et 30 millions pour la construction des plateaux de tournage via différentes sociétés de Luc Besson et Quinta communications, le groupe du producteur et homme d'affaires tunisien, Tarak Ben Ammar.
   
Les concepteurs de la Cité du Cinéma affichent l'ambition d'en faire un "Hollywood à la française", le complexe permettant la production en France de films de A à Z. Le réalisateur à succès (Le grand bleu, Nikita) et producteur (Taxi...) a mis douze ans pour mettre sur pied ce projet. Il avait déclaré qu'avoir dû "s'expatrier un an et demi" pour tourner "Le cinquième élément" "l'avait rendu malade".