Catherine Deneuve dédie son prix Lumière 2016 à tous les agriculteurs de France

Par @Culturebox
Mis à jour le 15/10/2016 à 20H43, publié le 15/10/2016 à 02H03
Catherine Deneuve et Roman Polanski à Lyon le 14 octobre 2016

Catherine Deneuve et Roman Polanski à Lyon le 14 octobre 2016

© Jean-François Lixon

Catherine Deneuve a reçu vendredi 14 octobre le prix lumière 2016 qui vient célébrer l'ensemble de sa carrière. Première femme en sept éditions à être ainsi récompensée, elle s'est vue remettre le trophée par Roman Polanski devant un public de cinéphiles et une belle brochette de personnalités parmi lesquelles sa fille Chiara Mastroianni, Quentin Tarantino, Jerry Schatzberg et Bertrand Tavernier.

Le festival Lumière fait décidément très bien les choses. En sept éditions, la mécanique s'est bien huilée et tout se déroule dans un esprit bon enfant. Catherine Deneuve a reçu ce vendredi 14 octobre le seul trophée décerné par ce festival sans compétition : le prix Lumière. Elle succède à Clint Eastwood, Milos Forman, Gérard Depardieu, Ken Loach, Quentin Tarantino, Pedro Almodovar et Martin Scorsese. Elle est donc la première femme à voir ainsi sa carrière récompensée.

Son prix lui a été remis par Roman Polanski, qui l'avait dirigée dans "Repulsion" en 1965. (Il avait également dirigé Françoise Dorléac dans "Cul-de-sac" en 1966). Entourée d'amis de la profession et de sa fille Chiara Mastroianni, Catherine Deneuve a pris la parole et déclaré être bouleversée par ce déluge d'affection de la part du public et des professionnels du cinéma "C'est une situation exceptionnelle que je ne revivrai jamais". Elle a enfin évoqué le film de Raymond Depardon "Profils paysans" avant, à la suprise générale, de dédier son prix "à tous les agriculteurs de France".

Catherine Deneuve, prix Lumière 2016, est partout avant la cérémonie

Catherine Deneuve, prix Lumière 2016, est partout avant la cérémonie

© Jean-François Lixon

Tapis rouge

Après une arrivée "tapis rouge" beaucoup plus modeste qu'à Cannes, le spectacle, car s'en est un aussi, avait commencé un peu plus de deux heures auparavant sous la houlette du directeur du festival, Thierry Frémaux. Le public lyonnais a eu droit à un rappel en image de la copieuse carrière de Catherine Deneuve, à un résumé très cinéphile des films projetés depuis samedi 8 et jusqu'a dimanche 16 octobre à Lyon et dans toute sa métropole, ainsi qu'à une très émouvante petite série de films des frères Lumière (nous sommes dans la ville où est né le cinéma, ne l'oublions jamais).

Lindon

Vincent Lindon a prononcé le premier hommage. Ce comédien est aussi un écrivain. Son intervention a su, sans grandiloquence, faire monter l'émotion dans le public et dans les yeux de celle à qui il s'adressait. En quelques minutes et quelques mots bien choisis, le comédien qui a partagé l'affiche de "Belle Maman" avec Catherine Deneuve a su traduire ce que l'ensemble du public pensait confusément d'elle. Le comédien avait choisi d'emprunter une phrase à l'acteur américain Robert Mitchum : "Vous êtes un peu plus qu'une femme, quand nous les acteurs sommes parfois un peu moins qu'un homme". Un hommage qui a ému toute la salle, en témoignaient les quelques secondes de silence ému qui ont suivi la lecture de Vincent Lindon.

Vincent Lindon au pupitre

Vincent Lindon au pupitre

© Jean-François Lixon

Un duo inédit

De nombreuses personnalités étaient venues participer à l'hommage rendu à celle qui représente l'élégance française aux yeux du monde entier. Mais sur la scène, elles ont été quelques-unes à faire plus qu'acte de présence. C'est ainsi que la soprano Natalie Dessay et Lambert Wilson ont notamment interprété deux duos de chansons tirées des comédies musicales de Jacques Demy, "Les Parapluies de Cherbourg" et "Les demoiselles de Rochefort". 

Le duo Natalie Dessay et Lambert Wilson

Le duo Natalie Dessay et Lambert Wilson

© Jean-François Lixon

Tarantino

A son tour Quentin Tarantino a pris la parole. Il a dit combien, depuis son Amérique, il avait toujours admiré Catherine Deneuve. Il a raconté également que le soir de la remise de sa Palme d'Or, lors d'un repas qui réunissait le cinéaste et une grande partie du jury présidé par Clint Eastwood et qui venait de le récompenser, il n'avait d'yeux que pour Catherine "Deniouve".

 

Quentin Tarantino en plein hommage à Catherine Deneuve

Quentin Tarantino en plein hommage à Catherine Deneuve

© Jean-François Lixon

Tavernier veut Lindon pour son éloge funèbre

Et ce fut au tour de Bertrand Tavernier. Cofondateur de l'Institut Lumière, le cinéaste a commencé par demander avec humour à Vincent Lindon de s'engager à prononcer son éloge funèbre s'il venait à disparaître tant il avait été touché par les mots que le comédien venait de prononcer. Puis c'est avec beaucoup d'émotion encore que le réalisateur lyonnais a improvisé un hommage tout en tendresse, respect et admiration. Un hommage à la Tavernier cinéphile, humaniste et humble. Le réalisateur de "L"horloger de Saint-Paul" a résumé ainsi l'impact de Catherine Deneuve sur le cinéma français : "Si l'on veut parler de la variété, de l'audace et de l'enracinement du cinéma français, Il n'y a qu'à prendre la filmographie de Catherine Deneuve". Un grand moment de partage dont Lumière semble seul à détenir le secret.
 

L'hommage de Bertrand Tavernier à Catherine Deneuve

L'hommage de Bertrand Tavernier à Catherine Deneuve

© Jean-François Lixon

Plus tôt dans la journée, Catherine Deneuve avait tenu une masterclass au théâtre des Célestins. La soirée de la remise du prix Lumière a continué avec la projection du film de Jean-Paul Rappeneau (présent aux côté de Catherine Deneuve) "Le sauvage" avec Yves Montand. Le festival se refermera dimanche avec la cérémonie de clôture et la projection en grand écran et dans une version restaurée du film "Indochine" de Régis Wargnier.