"Bang Gang" : le visa d'exploitation contesté en justice par l'association Promouvoir

Par @Culturebox
Mis à jour le 09/02/2016 à 15H18, publié le 09/02/2016 à 14H14
Lorenzo Lefebvre et Marilyn Lima dans "Bang Gang" d'Eva Husson

Lorenzo Lefebvre et Marilyn Lima dans "Bang Gang" d'Eva Husson

© Ad Vitam

L'association Promouvoir, proche des catholiques traditionalistes, a annoncé mardi vouloir se pourvoir en cassation après avoir été déboutée de sa demande de réexaminer l'interdiction aux moins de 12 ans du film "Bang Gang ", sur des adolescents qui se livrent à des jeux sexuels collectifs.

L'association, qui juge cette interdiction insuffisante, a saisi lundi le Conseil d'Etat "d'un pourvoi en cassation à l'encontre de l'ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Paris", a indiqué Promouvoir dans un  communiqué.

Une première requête rejetée              

Dans une décision datant du 21 janvier, le juge des référés du tribunal administratif de Paris, saisi en urgence par les associations Promouvoir et Action pour la dignité humaine, a rejeté leur requête de suspension du visa d'exploitation de "Bang Gang ", sorti le 13 janvier.
              
Dans sa décision, la justice estime notamment que les scènes de sexe du film "sont brèves et correspondent le plus souvent à des passages fantasmatiques", et que "la morale du film soulève les dangers de l'univers numérique ainsi que d'une sexualité débridée".
              
Pour Promouvoir, l'ordonnance du juge des référés "ne tient aucun compte de la jurisprudence la plus récente" et comporte des "erreurs de droit manifestes ainsi qu'un travestissement des écritures de l'association".
              
Premier film d'Eva Husson, "Bang Gang , une histoire d'amour moderne" raconte l'histoire d'une lycéenne de 16 ans qui lance avec ses amis un jeu sexuel collectif, prélude à des réunions répétées entre lycéens au cours desquelles ils explorent leur sexualité.

Fleur Pellerin ne veut pas se laisser dicter la classification   

La ministre de la Culture, Fleur Pellerin, a indiqué lundi qu'elle n'entendait pas "se laisser dicter" la classification des films sur les interdictions aux mineurs, après plusieurs recours de Promouvoir.
              
L'association a annoncé samedi avoir fait un recours contre le visa d'exploitation du film "Les Huit salopards" de Quentin Tarantino, interdit aux  moins de 12 ans, en raison de "scènes de très grande violence".
              
Ce recours est intervenu quelques jours après la décision de la cour administrative d'appel de Paris d'annuler le visa d'exploitation d'"Antichrist" de Lars von Trier, dont l'interdiction aux moins de 16 ans devra être réexaminée, suite à une requête de cette même association.