A Deauville, le public applaudit "Captain Fantastic" de Matt Ross

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/09/2016 à 16H13, publié le 04/09/2016 à 11H26
Matt Ross présente "Captain Fantastic" au festival du cinéma américain de Deauville

Matt Ross présente "Captain Fantastic" au festival du cinéma américain de Deauville

© Daniel Fouray / PhotoPQR / Ouest France / MAXPPP

Premier film en compétition, "Captain Fantastic", de Matt Ross, a fait forte impression samedi au festival du cinéma américain de Deauville, qui a rendu aussi hommage à l'acteur et réalisateur Stanley Tucci.

Très applaudi par le public dans la grande salle du Centre international de Deauville (CID), "Captain Fantastic" (sortie en France le 12 octobre), deuxième long métrage de l'acteur Matt Ross, devrait séduire le jury du festival, présidé par l'ancien ministre de la Culture Frédéric Mitterrand.
"Captain Fantastic" de Matt Ross, la bande-annonce


Une famille qui vit déconnectée de la société

Incarné par l'acteur américano-suédois Viggo Mortensen, 58 ans ("Le Seigneur des anneaux"), Ben, père de famille charismatique, fait vivre dans les bois, à la dure et à l'écart de la société, sa femme et ses six enfants.
 
Cette vie à la fois sauvage et érudite est aux antipodes du "way of life" américain de surconsommation et de divertissement à outrance.
 
Les enfants apprennent à la fois la chasse du gibier au couteau, l'escalade et la course en montagne et se voient inculquer de solides connaissances livresques en philosophie, politique, médecine etc, une éducation qui fait d'eux des jeunes totalement autonomes mais aussi complètement déconnectés de la  réalité américaine. Chaque année en décembre, plutôt que de fêter Noël, la famille célèbre l'anniversaire du grand linguiste américain Noam Chomsky, 87 ans, très engagé à gauche.

Matt Ross n'entend pas délivrer un message

Tout se fissure quand la mère, Leslie, à la fois admirative de son "Fantastic" compagnon, sans pour autant être une adepte à 100% de ses convictions, doit être hospitalisée pour des problèmes neurologiques qui vont la pousser au suicide.
 
L'unité familiale vole alors en éclats et le père est accusé par un de ses  fils d'être responsable de la mort de leur mère. Le clash avec l'Amérique réelle va se produire au moment de l'enterrement  de la mère organisé par les grands-parents, que la petite tribu va tenter d'empêcher, Leslie ayant choisi par testament une crémation bouddhiste.
 
Tout en ne niant pas la forte tonalité politique de son film, Matt Ross "n'entend pas délivrer un message", a-t-il expliqué lors d'une conférence de presse, laissant les spectateurs libres de leur propre interprétation, préférant mettre en avant "le drame humain" qu'il a imaginé.

Après Deauville, Matt Ross est venu présenter "Captain Fantastic" à Grenoble. Il a fait un détour par le plateau de France 3 Alpes: 

Le festival rend hommage à Stanley Tucci

Très critique à l'évidence du capitalisme américain, Matt Ross n'a pas pour autant "un modèle de rechange", a-t-il précisé, tout en étant favorable à une nette séparation entre le monde politique et celui des affaires.
 
L'acteur remarqué notamment dans "Aviator" de Martin Scorsese en 2004 et  "Good Night and Good Luck" de George Clooney (2005) avait déjà présenté à Deauville, en 2012, son premier long métrage, "28 Hotel Rooms".
 
Le festival a rendu hommage également samedi aux talents éclectiques de Stanley Tucci, acteur, réalisateur, producteur, homme de théâtre et également cuisinier de bon niveau, dont le livre, "The Tucci Cookbook", a figuré en  2012 parmi les meilleures ventes recensées par le New York Times.

Une cabine de plage à son nom

Celui qui a tourné dans plus de cinquante longs métrages dont "Le Diable s'habille en Prada", de David Frankel, "Le terminal" de Steven Spielberg,  "Harry dans tous ses états" de Woody Allen, et dans une vingtaine de séries télévisées dont "Deux flics à Miami" et "Urgences", a aussi réalisé  "A table"  (1996), "Les imposteurs" (1998) - deux films qu'il a produits - et Joe Gould's  Secret.
 
Venant pour la quatrième fois à Deauville, il a inauguré samedi une cabine de plage à son nom, sur les planches de la station balnéaire, une tradition du  festival pour honorer les stars d'Hollywood.
 
Le festival de Deauville se tient jusqu'au dimanche 11 septembre et présentera au public 37 films, dont 14 en compétition.