A Deauville, le Festival du cinéma américain fait la part belle aux plateformes

Par @Culturebox
Mis à jour le 01/09/2017 à 14H55, publié le 31/08/2017 à 16H50
Le festival du film américain de Deauville met en avant les réalisateurs prometteurs.

Le festival du film américain de Deauville met en avant les réalisateurs prometteurs.

© Jacques Brinon / AP / SIPA

Le 43e Festival du cinéma américain de Deauville, débute vendredi 1er septembre pour 10 jours. 60 films à l'affiche, 14 en compétition, dont souvent des premiers ou seconds films de réalisateurs prometteurs, racontent une Amérique qui se cherche. Autre fait marquant : le tapis rouge déroulé aux plateformes de distribution, loin de la polémique de Cannes.

Comme l'an dernier, le film d'ouverture est un thriller, tiré d'une histoire vraie, celle d'un agent infiltré pour le compte des autorités américaines dans le monde international de la drogue. Il s'agit de "Barry Seal - American traffic" de Doug Liman, dans lequel Tom Cruise incarne ce pilote trafiquant d'armes et de stupéfiants recruté par la CIA pour des missions ultra secrètes dans les années 80, sous la présidence de Ronald Reagan. Ce film sortira en France le 13 septembre.

"Une Amérique en décomposition"

Les films en compétition sont, comme d'habitude, des premiers ou des deuxièmes films de metteurs en scène prometteurs. Le plus bel exemple récent est sans doute Damien Chazelle, qui a obtenu le Grand Prix du jury et le prix du public en 2014 pour "Whiplash" avant sa consécration en 2017 aux Oscars pour sa comédie musicale à succès "La La Land".

La compétition raconte "une Amérique en décomposition, qui inquiète, où la jeunesse cherche ses racines et son avenir, analyse le directeur général de l'événement Bruno Barde au "Film Français". Parfois, s'y opposent la violence, la morale et l'espoir."

Parmi les 14 films en compétition, on attend avec intérêt la réaction des jurés et du public concernant "Beach rats", deuxième long métrage d'Eliza Hittman. Ce film dramatique, déjà couronné par le festival américain de Sundance (meilleure mise en scène) traite d'un adolescent paumé, hésitant sur sa sexualité qui, tout en fréquentant sa petite amie, entretient des relations avec des hommes mûrs, rencontrés via internet.
Sur la question du genre, "They", premier film d'Anahita Ghazvinizadeh, met en scène une personne de 14 ans qui, en plein questionnement sur son identité, prend un traitement hormonal pour retarder sa puberté.

Les plateformes de distribution à l'honneur

Toujours en compétition mais plus souriant, figure aussi "The Bachelors", deuxième film de Kurt Voelker, qui relate le retour à meilleure fortune d'un père, prématurément veuf, et de son fils de 17 ans, qui vont retrouver une raison de vivre en rencontrant chacun une femme singulière.
"The Bachelors" a la particularité d'être présenté par E.Cinema.com., une petite plateforme française de VOD (vidéo à la demande), créée récemment, notamment par Bruno Barde, le directeur artistique du festival deauvillais. Sans surprise, il assume ce choix de faire la place belle, dans ce festival, aux nouveaux modes de distribution.

"Nous vivons aujourd'hui une grande révolution avec la dématérialisation des films, créant de nouvelles conditions économiques et artistiques de diffusion des oeuvres", a-t-il déclaré, en présentant à la presse la programmation.

Le contrepied de Cannes

Un choix qui contraste avec la polémique à Cannes à propos de la puissante plateforme américaine Netflix. Cette dernière avait annoncé en juin qu'elle ne sortirait pas dans les salles de cinéma ses deux films sélectionnés sur la Croisette, "Okja" et "The Meyerowitz Stories", refusant d'attendre le délai de trois ans imposé par la réglementation française pour qu'ils puissent être visibles sur sa plateforme.

A Deauville, Netflix va présenter "Sweet Virginia", également en compétition, de Jamie M. Dagg. De plus, hors compétition, seront projetés "The only living boy in New York" de Marc Webb, produit par Amazon, "Kidnap" de Luis Prieto distribué par TF1, et "47 meters down" de Johannes Roberts, diffusé par Wild side, éditeur français indépendant de DVD et Blu-Ray.
Côté séries, deux avant-premières seront présentées : l'épidose pilote de "The Deuce", une plongée dans l'industrie du porno dans le New-York des années 1970 avec James Franco, et les deux premiers épidosdes de "Mr. Mercedes", adaptation des romans policiers de Stephen King.

Michel Hazanavicius, président de jury

Le jury sera emmné par le réalisateur français Michel Hazanavicius ("The Artist"). En feront partie l'actrice Emmanuelle Devos, la romancière et dramaturge Yasmina Reza et le chanteur et auteur-compositeur Benjamin Biolay. Quant au jury de la révélation, il sera emmené par la réalisatrice et actrice Emmanuelle Bercot, entourée d'Abd Al Malik, Anaïs Demoustier, Pio Marmaï, Pierre Rochefort et Leonor Varela. 

En outre, le festival rendra hommage à cinq personnalités déjà consacrées outre-Atlantique : l'actrice et productrice Laura Dern, l'acteur et réalisateur Darren Aronofsky, les acteurs Jeff Goldblum et Robert Pattinson, et l'actrice Michelle Rodriguez, vedette de films d'action comme "Fast and furious", et de science-fiction comme "Avatar".

Le festival de Deauville fermera ses portes le 10 septembre avec la projection de "Le Château de verre", de Destin Daniel Cretton, avec Brie Larsson, Naomi Watts et Woody Harrelson.