A Carthage, un festival de cinéma sous haute surveillance

Par @Culturebox
Publié le 22/11/2015 à 11H15
Ibrahim Letaief, le directeur des Journées cinématographiques de Carthage, et Latifa Lakhdar, la ministre tunisienne de la Culture, à l'ouverture de la 26e édition du festival de cinéma de Carthage (21 novembre 2015)

Ibrahim Letaief, le directeur des Journées cinématographiques de Carthage, et Latifa Lakhdar, la ministre tunisienne de la Culture, à l'ouverture de la 26e édition du festival de cinéma de Carthage (21 novembre 2015)

Les 26e Journées cinématographiques de Carthage (JCC), qui se veulent une vitrine du film engagé d'Afrique et du monde arabe, ont débuté samedi soir sous haute surveillance, la Tunisie étant ciblée par les mouvements islamistes extrémistes.

"Le cinéma est le déchirement du voile des ténèbres et le garant de la plus grande victoire contre le terrorisme", a lancé Ibrahim Letaief, directeur du festival de Carthage, lors de la cérémonie d'ouverture.
              
Ce festival, né il y a 49 ans, veut manifester "le refus de cette dictature obscurantiste qui  s'installe petit à petit", avait-il dit à l'AFP avant la cérémonie.
              
Nous voulons "ancrer ces journées de Carthage dans leur territoire arabo-africain tout en maintenant l'ouverture sur les cinématographies du monde, celles qui partagent notre souci d'indépendance et d'expression culturelle", avait-il ajouté.

"Un antidote contre la violence"         

La 26e édition des Journées cinématographiques de Carthage "est l'antidote contre la violence. La création est le meilleur moyen pour marquer notre attachement à la vie et notre combat contre ces gens qui veulent détruire même les principes les plus élémentaires de la  vie", a indiqué de son côté à l'AFP la ministre tunisienne de la Culture, Latifa Lakhdar.
              
"Nous avons pris les mesures nécessaires pour garantir au maximum la sécurité parce que cet évènement représente la joie des Tunisiens et de nos invités", a assuré dans une brève déclaration à l'AFP le ministre de l'Intérieur Najem Gharsalli.

"Much Loved" en compétition officielle        

Sous une haute surveillance sécuritaire, les invités du JCC, des cinéastes africains et européens, des hommes politiques ainsi que des vedettes du cinéma arabe, ont défilé en tenue de soirée sur le tapis rouge avant d'accéder à "La  Bonbonnière", un ancien théâtre de Tunis aménagé pour cette manifestation devenue désormais annuelle.
              
Réservée aux réalisateurs arabes et africains, la compétition officielle compte 81 films dont 17 longs métrages, 13 courts métrages et 16 documentaires en lice pour le premier prix, le "Tanit d'or", du nom d'une déesse carthaginoise.
 
Le film "Much Loved", interdit au Maroc pour son sujet sur la prostitution dans ce pays, sera projeté à Tunis dans la compétition officielle. Son actrice principale a décidé de quitter le Maroc après avoir été menacée.

350 films en projection            

Jusqu'au 28 novembre, 350 films du monde entier seront proposés aux cinéphiles. Des projections sont programmées dans des prisons, une innovation dans ces journées du cinéma.
              
La 26e édition intervient après une succession d'attaques jihadistes dans le pays qui ont visé des touristes ainsi que des policiers et des militaires.
              
"La meilleure réponse à ces 'daouesh' (les partisans du groupe l'État islamique) est d'organiser ce genre d'évènement, de sortir et d'aimer la vie pour leur dire que nous n'avons pas et nous n'aurons pas peur de vous !", a dit  à l'AFP l'acteur tunisien Ali Bennour, également député au Parlement.