Prime Cut (Carnage) : du rififi chez les red necks

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 13H39, publié le 29/09/2011 à 15H53
Prime Cut en DVD

Prime Cut en DVD

© Carlotta Films

"Prime Cut" (1972) de Michael Ritchie, avec Lee Marvin, Sissy Sacek et Gene Hackman sort des sentiers battus ; un thriller qui s'inscrit dans le foisonnement du nouvel Hollywood.

L’histoire : Un tueur à gages sur le retour est recruté pour faire payer une dette non recouvrée par un gros éleveur et propriétaire d'un des abattoirs de Chicago. Envoyé au Texas, il retrouve de vieilles connaissances, deux frères à la tête de l’entreprise qui pratiquent en même temps la traite des blanches. Il sauve une des filles en perdition et règle ses comptes…

Le film : "Prime Cut" (1972) se trouve à la frontière du polar et de l’arrivée prépondérante du fantastique au seuil des années 70 à Hollywood. Totalement oublié aujourd’hui, il se révèle un film passage, entre le polar sixties, que souligne la présence de Lee Marvin, et celle de Sissy Spacek qui va se révéler peu après dans "Carrie" de Brian de Palma, qui participe de la montée du fantastique. Le film entretient également plus d’un point commun avec "Massacre à la tronçonneuse" (1974) et le « survival » ("Délivrance", 1972), tout en s’inscrivant dans une histoire de gangsters.

Embarqué sur une intrigue assez tordue, le personnage de Lee Marvin n’est pas sans rappeler celui de "L’Inspecteur Harry" (1971) que joue Clint Eastwood à la même époque, mais qui, lui, va révolutionner le polar. S’y mêlent des saucisses farcies de chair humaine, des jeunes filles parquées comme des porcs, une poursuite à "La Mort aux trousses" avec une moissonneuse batteuse… « Foutraque », osé et distrayant, "Prime Cut" (sur une musique de Lalo Shiffrin, comme "L’inspecteur Harry") est une redécouverte qui stigmatise un cinéma en mutation.

Michael Ritchie, réalisateur, n’a guère brillé par la suite, sortant ici son deuxième film, après "Votez McKay" (1971) avec Robert Redford dans un pamphlet politique. On lui doit depuis la création de la série des "Fletch", "Golden Child", "La Guerre des fées" et un surnombre de comédies douteuses, c’est dire. Tout le contraire de "Prime Cut".

Bonus : Un entretien entre Jean-Pierre Dionnet, « cinéphile professionnel » et le réalisateur Frédéric Schoendoerffer ("Switch", "Agents secrets") analyse pourquoi "Prime Cut" est un film résolument à-part, à cheval entre deux époques, classicisme et nouvel Hollywood. Un tournant.

Prime Cut (Carnage)
De Michael Ritchie (USA, 1972, 1h23)
Avec Lee marvin, Gene Hackman, Sissy Spacek
Editions : Carlotta