Le film de Dieudonné sera bien commercialisé

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 13/04/2012 à 19H28
Dieudonné dans son film "L'Antisémite"

Dieudonné dans son film "L'Antisémite"

© iamdieudo.com

Le juge des référés du tribunal de grande instance de Paris s'est refusé vendredi à interdire à Dieudonné la diffusion et la vente de son long-métrage, "L'antisémite", comme le réclamait la Ligue contre le racisme et l'antisémitisme (Licra), qui le juge "antisémite" et "négationniste".

Disribué seulement en DVD sur Internet
Le 15 janvier, Dieudonné avait présenté en avant-première, dans son théâtre de la Main d'or et sur invitation, son premier long-métrage dans lequel il joue le rôle principal. Après des images qui tournent Auschwitz en dérision, on assiste au tournage d'un film gravitant autour de son personnage alcoolique et violent, déguisé en officier nazi pour un bal costumé. Le négationniste Robert Faurisson joue pendant quelques minutes son propre rôle, la Shoah y est personnifiée en sainte.

Déboutée sur le plan judiciaire, la Licra ne se disait pas moins satisfaite car, remarquait vendredi son avocat Me David-Olivier Kaminski, le site de l'humoriste ne propose plus le DVD à la vente. Le film ne doit pas être diffusé en salles mais commercialisé sur internet et vendu aux seuls "abonnés" de Dieudonné.

La Licra réclamait le retrait de la bande-annonce postée sur YouTube, ainsi que l'interdiction de diffusion du DVD. Elle demandait également 10.000 euros de dommages et intérêts.

"Le juge n'a pas à se prononcer"
Dans son ordonnance, la juge reconnaît que "la plupart des images et propos peuvent être ressentis comme particulièrement choquants et provocateurs" mais, nuance-t-elle, "il n'est pas pour autant établi, avec l'évidence requise en référé, qu'elles constituent" un négationnisme ou une provocation à la haine contre les juifs.

En outre, écrit-elle, "malgré son caractère insidieux et particulièrement outrancier, la séquence n'est nullement présentée comme une thèse scientifique ou sérieuse et nul ne peut se tromper sur son aspect parodique, étant rappelé que le juge n'a pas à se prononcer sur le bon ou le mauvais goût de ce qui est présenté comme humoristique".