"Présumé coupable" : une première au cinéma pour l'affaire d'Outreau

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 28/05/2011 à 13H49
"Présumé coupable" : une première au cinéma pour l'affaire d'Outreau

"Présumé coupable" : une première au cinéma pour l'affaire d'Outreau

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Le premier film sur l'affaire d'Outreau, "Présumé coupable", a été présenté le 27 mai 2011 en avant-première à Tourcoing dans le Nord. Dix ans après le déclenchement des procédures, ce film, produit par Christophe Rossignon ("La Haine", "Welcome") et dont la sortie nationale est prévue pour le 7 septembre 2011, est la première fiction à s'inspirer directement de cette affaire judiciaire qui a défrayé la chronique. Débuté en février 2001 avec l'arrestation et l'incarcération de 17 personnes, le dossier avait viré au fiasco judiciaire et finalement abouti à l'acquittement de 13 des prévenus, après deux procès aux assises en 2004 et 2005.

Inspiré du livre "Chronique de mon erreur judiciaire", écrit par l'un des protagonistes de l'affaire, Alain Marécaux, le film raconte la "descente aux enfers" de cet huissier, accusé d'actes de pédophilie, puis innocenté après 23 mois de détention provisoire. A l'heure où Cherif Delay, l'un des enfants-victimes, sort un livre dans lequel il réitère des accusations contre certains des acquittés d'Outreau (sans citer de noms), Alain Marécaux tient lui aussi, au travers de ce film, à réaffirmer sa vérité et à raconter son histoire, celle d'un "homme embarqué injustement dans la machine judiciaire et qui a tout perdu". Le film s'ouvre sur le visage d'un homme brisé. Alain Marécaux, incarné par Philippe Torreton, les yeux rougis, raconte sa vie d'avant. A l'écran, défilent les images d'une famille sans histoires, d'un quotidien banal, soudainement brisé par l'arrestation de l'huissier et de sa femme un matin de novembre 2001. Puis très vite, les faits s'enchaînent comme un engrenage infernal: la garde à vue, la perquisition, la mise en examen, la prison. En tout, quatre années de procédures, filmées au plus près, caméra à l'épaule, sont racontées au travers du regard d'un homme subissant les faits, impuissant, et dont le visage, cadré en plan serré, se marque et se décompose au fil des scènes, à l'image d'une vie qui part en lambeaux.

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