"Le Chant du merle " : drame passionnel en Corrèze

Par @Culturebox
Mis à jour le 17/03/2016 à 17H41, publié le 17/03/2016 à 17H03
"Le Chant du Merle" de Frédéric Pelle en salles le 16 mars 2016

"Le Chant du Merle" de Frédéric Pelle en salles le 16 mars 2016

© Bianca Film / allociné

Après une flopée de courts métrages et un documentaire, Frédéric Pelle réalise son deuxième long, avec "Le Chant du merle", où Adélaïde Leroux (vue dans "D’amour et d’eau fraîche", "Séraphine" ou "Flandre") émeut dans un rôle mélancolique. Une chronique rurale intimiste, au dénouement désenchanté.

La note Culturebox

3
3/5

Aubazine

Cela fait du bien d'échapper au parisianisme que l'on nous sert au kilomètre dans les salles ! Ici, l’intrigue se déroule dans une bourgade de Corrèze et ses environs. Aurélie (Adélaïde Leroux) est serveuse dans un petit restaurant de passage, et François, représentant de commerce. Aubazine, le village et sa campagne, imprègnent les personnages, Aurélie au premier chef.
Frédéric Pelle évite toute ostentation, jusque dans le jeu des acteurs, tout en retenue, en particulier Adélaïde Leroux qui est de tous les plans. Il en résulte une sorte d'atonalité, qui rappelle Bruno Dumont et son maître Robert Bresson. Mais aussi René Féret, chantre de l’intime récemment disparu, qui a participé au script et à qui le "Chant du merle" est dédié. L’image, plus lyrique, installe des atmosphères fortes, dans la salle de restaurant comme dans la campagne corrézienne, où souffle ce petit vent doux qui balaye les hautes herbes.

Il en résulte un vrai charme auquel participe Myriam Boyer, parfaite dans le rôle de la mère d’Aurélie. Des habitants du cru ont également participé au film, apportant de l’authenticité à un environnement que le cinéaste et sa compagne, tous deux scénaristes, connaissent bien. Cet engouement pour Aubazine émane également d’une histoire toute simple, survenue à une serveuse du village, qui a inspiré le scénario.

Reportage : C.Massin, B.Bugnicourt, S.Naumovitz


Une sereine violence

Si une apparente austérité émane de la forme, "Le Chant du merle" a aussi ses rayons de soleil. Aurélie la taiseuse est prête à s'ouvrir si l’on s’intéresse à elle. Elle donne beaucoup aux autres qui lui en sont reconnaissants. Malgré ses tenues effacées et son visage lisse, elle n’est pas dénuée de sensualité. 

François est bien plus facile à cerner. Plus carré, il est ce séducteur un peu louche, toujours sur les routes, sachant cultiver un mystère de façade et se faire attendre. Superficiel.

Frédéric Pelle atteint son objectif de cinéaste indépendant, produisant ses films, retenant ainsi la leçon de son mentor René Féret. Il précipite néanmoins sa conclusion, en reprenant le motif d’une Ophélie (Shakespeare) ou d’une Dame de Shalott (Tennyson). "Le Chant du merle" distille un charme secret et paisible, que traverse la violence des passions. 

Adélaïde Leroux et Nicolas Abraham dans "Le Chant du merle" de Frédéric Pelle

Adélaïde Leroux et Nicolas Abraham dans "Le Chant du merle" de Frédéric Pelle

© © JML Distribution

La fiche : Drame de frédéric Pelle - Avec :  Adélaïde Leroux, Nicolas Abraham, Myriam Boyer - Durée : 1h20 - Sortie : 16 mars 2016
Synopsis : Aurélie est serveuse dans un hôtel restaurant en Corrèze. Elle partage son temps entre son travail, le club d'ornithologie, le vieux monsieur dont elle s'occupe et sa mère avec qui elle vit. Discrète, fragile, elle attend que quelque chose arrive dans sa vie. Un jour, François, un représentant de commerce charmeur et mystérieux s'intéresse à elle.