"La désintégration" ou comment devient-on terroriste ?

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 13/02/2012 à 16H41
Rashid Debbouze, Yassine Azzouz, Ymanol Perset et Mohamed Nachit dans "La Désintégration" de Philippe Faucon de

Rashid Debbouze, Yassine Azzouz, Ymanol Perset et Mohamed Nachit dans "La Désintégration" de Philippe Faucon de

© Pyramide Distribution

Dans "La désintégration", le réalisateur Philippe Faucon raconte l'histoire de Ali, Hamza et Nasser, trois jeunes de banlieue qui se font endoctriner par Djamel, un islamiste radical. Peu à peu, ce dernier va transformer leur mal-être en révolte et les convaincre de mourir en kamikazes, au nom d'Allah. Les trois héros sont interprétés par Yassine Azzouz, Ymanol Perset et Rashid Debbouze, le petit frère de Jamel Debbouze, qui se lance à son tour dans le cinéma. Le film qui sort en salles ce 15 février faisait partie de la sélection officielle de la 68e Mostra de Venise 2011.

Comment et pourquoi devient-on terroriste ? C'est à cette question complexe que Philippe Faucon tente de répondre dans son dernier film. Ses héros sont à l'image de nombreux jeunes de banlieue : issus de l'immigration, sans travail ni perspectives d'avenir, pas vraiment intégrés, finalement, dans la société française qui est pourtant la leur. C'est ce défaut d'intégration, ces frustrations sociales, qui facilitent la "désintégration" des protagonistes : ils vont s'exclure eux-mêmes, radicalement, de la société qui les rejette.

Affiche du film "La désintégration"

Affiche du film "La désintégration"

© Pyramide Distribution

Philippe Faucon a choisi un sujet difficile, quasiment jamais abordé au cinéma. Il est d'ailleurs coutumier du fait : ses films traitent souvent de thèmes sensibles, comme la guerre d'Algérie, dans "La trahison". Pour faire de "La désintégration" un film exempt de tout cliché et de tout amalgame, il a beaucoup enquêté en amont sur le terrain, en multipliant les rencontres avec les jeunes, les policiers ou les enseignants.