Festival "Travelling" : Shin Su-Won recherche "Madonna" désespérément

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 05/02/2016 à 15H06
Photogramme du film "Madonna" de Shin Su-Won

Photogramme du film "Madonna" de Shin Su-Won

© Droits réservés / Allociné

Du 2 au 9 février 2016, le festival "Travelling" à Rennes rend hommage au cinéma coréen. 48 films en provenance de Séoul et de ses provinces sont diffusés dont celui de Shin Su-Won "Madonna" sélectionné en compétition officielle à Cannes en 2015 dans la catégorie "Un certain regard".

C’est l’histoire de Hye-rim, 35 ans, qui trouve un travail à l'hôpital comme aide-soignante d'un riche patient. Sang-woo, le fils de ce patient, tente de maintenir son père en vie pour l'argent et ordonne aux docteurs de trouver rapidement une greffe de coeur. Il choisit une patiente anonyme aux urgences en état de mort cérébrale pour qu'elle soit donneuse puis demande à Hye-rim d'enquêter sur elle. Cette dernière découvre que la femme connue sous le nom de Madonna, est une ancienne prostituée qui a connu une vie difficile et qui est enceinte. En tentant de sauver le bébé, Hye-rim enfreint les règles de Sang-woo et se met à la recherche du père de l'enfant.
 

Reportage : A. Castier / V. Bars / B. Thibaut
 

 

Troisième long-métrage de la réalisatrice, "Madonna" qui s’inspire de l’œuvre éponyme d’Edvard Munch a été remarqué au  festival de Cannes l'an dernier : "En étant sélectionnés, on a pu se faire connaître. La production n’avait pas beaucoup d’argent pour assurer la promotion du film. Grâce à Cannes, les effets ont été importants en Corée, des articles ont été écrits, on a enfin commencé à parler de mon film" nous confie Shin Su-Won. 

 

Kim Young-Min, Seo Young-Hee, Shin Su-Won et Kwon So-Hyun au festival de Cannes en 2015

Kim Young-Min, Seo Young-Hee, Shin Su-Won et Kwon So-Hyun au festival de Cannes en 2015

© VALERY HACHE / AFP

 

Dans "Madonna", elle montre tout. Et même si cela dérange. Ce qui l’importe, c’est de mettre au grand jour les vices de la société coréenne. Dans un monde moderne où l’argent règne, Shin Su-Won prend le parti pris de faire un film sur l’individu et plus particulièrement la femme.
Atmosphère sombre et scènes choquantes, ce film cherche à nous faire comprendre que, quelle que soit la catégorie sociale dans laquelle nous nous trouvons, nous avons tous les mêmes droits.
 

Imposer sa vision du 7ème art dans son pays


Shin Su-Won poursuit en disant que "Madonna" n’est pourtant pas sorti dans beaucoup de salles : "Le cinéma Art et Essais a du mal à exister en Corée".
Si beaucoup de films à succès ont été produits ces dernières années, il devient difficile de financer des long-métrages qui ne garantissent pas un nombre conséquent d’entrées. Les réalisateurs coréens de films indépendants craignent la disparition des oeuvres créatives. N’ayant toujours pas de date de sortie prévue en France, "Madonna" est cependant diffusé en avant-première au Gaumont le 5 févier à 18h grâce au festival "Travelling".
 

La réalisatrice sud-Coréenne Shin Su-Won

La réalisatrice sud-Coréenne Shin Su-Won

© UPI/MAXPPP

 

Filmographie et prix

La réalisatrice sud-Coréenne a déjà réalisé "Passerby#3" (2010), "Circle Line" (court-métrage de 2012) ainsi que "Pluto" (2013) et "Suneung" (2014). Mais c’est avec "Madonna" qu’elle se fait véritablement un nom dans le monde du cinéma. Elle reçoit en 2011, le lauréat "Women in Film Korea Award" en tant que meilleure réalisatrice et scénariste pour "Passerby#3", le prix du meilleur court-métrage à Cannes en 2012 pour "Circle Line" et en 2013, celui de la "Generation 14plus" au festival international de Berlin pour "Pluto". Ce dernier est remis par un juré composé de 7 adolescents âgés entre 14 et 18 ans.