Doubleurs voix : l'art d'exister tout en se faisant oublier

Par @Culturebox
Publié le 27/06/2014 à 12H17
Une séance de doublage avec Damien Witecka, voix française de Léonardo di Caprio et Ewan McGregor

Une séance de doublage avec Damien Witecka, voix française de Léonardo di Caprio et Ewan McGregor

© France 2 Culturebox

Ils travaillent dans l’ombre tout en nous étant très familiers. Les professionnels du doublage, qui sont souvent comédiens, prêtent leur voix et leur talent pour traduire les émotions des Julia Roberts, Di Caprio, ou Bruce Willis à l’écran. Cinéma, séries télé, spots radio, ils sont partout. Face à la demande, le métier se professionnalise avec la création d’écoles de doublage.

Reportage : V. Gaget / Y. Moine / O. Martinez / J-M. Lequertier / O. Lecointe / M. Marini
Le doublage, c’est bien plus qu’une voix, c’est un caractère, quelque chose qui définit une personne tout entière. La preuve : pour nous, spectateurs français, Bruce Willis aurait-il autant de charme sans cette petite note d’humour impertinente et charmeuse ? Idem pour  Julia Roberts sans ce timbre à la fois doux et pétillant et ce rire lumineux ? L’acteur américain est doublé depuis le début des années 80 par Patrick Poivey et c’est Céline Monsarrat qui prête entre autre sa voix à l’interprète de Pretty Woman et Erin Brockovich.
Leurs carrières ont décollé en même temps. « On est arrivé à une époque où il y avait beaucoup plus de films à doubler et où on avait l’âge des personnages qu’on nous donnait à doubler. Ca a changé la donne » explique Céline Monsarrat. Ils sont quelques uns comme cela à être devenus des « références », des incontournables, tant le timbre de leur voix est particulier, reconnaissable entre tous. C’est l’une des qualités à avoir pour celle ou celui qui veut se lancer dans le doublage. Un timbre, mais aussi de l’humilité, et le fait de savoir doser, pour être dans le jeu de l’acteur sans le dénaturer. 
 
Cadences soutenues et concurrence

Selon des chiffres datant de 2011, on compte en France plus de 3000 doubleurs - un peu plus d’hommes que de femmes - qui auraient au moins un jour de postsynchronisation à leur actif. Parmi eux, si on compte quelques stars, ils ne sont qu’une centaine à en vivre vraiment. Les comédiens sont payés à la ligne (soit 50 caractères), avec des tarifs différents pour le cinéma et la télévision et une dégressivité en fonction du nombre de lignes.

Comme dans de nombreux secteurs, les cadences se sont intensifiées. Et la concurrence aussi. Notamment celle des stars du grand écran qui sont de plus en plus nombreuses à faire du doublage pour les dessins animés : Dany Boon, Gad Elmaleh, Catherine Deneuve, Vanessa Paradis, Jamel Debbouze, Isabelle Adjani...qui deviennent des arguments marketing à part entière lors de la sortie des films.