"Janis" : les fulgurances et les failles d'une étoile filante du rock

Par @Culturebox
Mis à jour le 01/01/2016 à 14H37, publié le 01/01/2016 à 14H22
Janis Joplin, une image du documentaire "Janis" d'Amy Berg

Janis Joplin, une image du documentaire "Janis" d'Amy Berg

© Happiness Distribution

Après les récents documentaires sur Amy Winehouse ou Kurt Cobain, c'est à la vie turbulente d'un autre météore du rock, Janis Joplin, que s'intéresse le film d'Amy Berg, "Janis" en salles mercredi 6 janvier.

Janis Joplin, comme Amy Winehouse et Kurt Cobain, appartient au tristement célèbre "club des 27" rassemblant ces stars disparues à 27 ans, dont beaucoup ont contribué à changer l'histoire de la musique comme le bluesman Robert Johnson, le leader des Doors Jim Morrison, l'explosif Jimi Hendrix ou le co-fondateur des Rolling Stones Brian Jones.
 
"Sa carrière a été éclipsée par sa mort prématurée, alors qu'elle a eu un véritable impact sur la musique et sur les femmes : elle nous a véritablement fait une place sur la scène rock", estime Amy Berg, réalisatrice de ce documentaire.
 
"Janis" est riche en images d'archives, en témoignages de proches de Janis Joplin et rythmé par la lecture de lettres de la star par une autre chanteuse américaine, Chan Marshall (Cat Power).
"Janis", la bande-annonce


La révélation du festival de Monterey en 1967          

"Janis était très engagée dans la lutte contre la ségrégation et utilisait vraiment son influence et la connexion qu'elle avait avec son public pour faire évoluer les mentalités. Mais (...) j'ai préféré me concentrer sur ses émotions et sa vie personnelle", ajoute la réalisatrice, née "neuf jours" après la mort de son idole, le 4 octobre 1970, par overdose d'héroïne.
              
Hendrix était mort deux semaines plus tôt, Morrison disparaîtrait moins d'un an plus tard.
 
Le film retrace les débuts de la chanteuse, qui quitte son Texas natal pour San Francisco au début des années 1960 et impose peu à peu sa voix puissante et éraillée sur la scène soul et blues.
              
Au sein du groupe Big Brother and the Holding Company, elle est la révélation du festival pop de Monterey en 1967.

Failles et excès en tous genres            

Véritable star du groupe, elle poursuit ensuite sa carrière sous son nom, tourne beaucoup en Amérique et en Europe et meurt à l'apogée de sa célébrité, pendant l'enregistrement de ce qui deviendra son album le plus célèbre, "Pearl".
              
Mais le documentaire s'immisce aussi dans les failles d'une jeune femme fragile, qui n'avait pas oublié les sarcasmes de ses camarades de lycée et redoutait plus que tout de "redescendre de scène".
              
Les excès en tous genres, et d'abord la drogue, font le quotidien d'une chanteuse qui replonge aussi souvent qu'elle tente de décrocher.
              
"Je voulais que le film soit une grande fête, comme l'étaient ses concerts, mais également une exploration de la face intime de Janis. C'était une femme constamment en conflit avec elle-même", souligne la réalisatrice, citée dans le dossier de presse de ce documentaire projeté cette année aux festivals de cinéma de Toronto, Venise et Deauville.

Un sujet inépuisable pour le cinéma   

Les destins tragiques de la musique restent un sujet inépuisable pour le cinéma.
              
Le documentaire "Amy" a créé l'événement cette année avec des images inédites sur la diva britannique morte en 2011. "Montage of Heck", retraçant la vie du leader de Nirvana Kurt Cobain, est également sorti cette année.
              
Mais la fiction n'est pas en reste, avec parmi les films de ces dernières  années des "biopics" remarqués sur Ian Curtis, leader tourmenté de Joy Division  ("Control" d'Anton Corbijn, 2007), sur Brian Wilson des Beach Boys ("Love and Mercy" de Bill Pohlad, 2015), James Brown ("Get On Up" de Tate Taylor, 2014) ou encore Johnny Cash ("Walk The Line" de James Mangold, 2005).