"Free Angela" : l'ex-icône des Black Panthers en promo à Paris

Par @Culturebox
Mis à jour le 20/03/2013 à 15H26, publié le 20/03/2013 à 15H18
Angela Davis à Paris le 18 mars 2013

Angela Davis à Paris le 18 mars 2013

© REVELLI-BEAUMONT/SIPA

Angela Davis, ex-icône des mouvements radicaux afro-américains, est actuellement à Paris dans le cadre de la présentation d’un documentaire qui lui est consacré : « Free Angela and All Political Prisoners ».

« J’étais réticente quand Shola (Linch, la réalisatrice, ndlr) m’a approchée pour réaliser le film », avoue Angela Davis. « Je ne souhaitais pas attirer encore plus d’attention sur ma personne. Mais quand on a parlé du projet, Shola m’a dit que le documentaire serait consacré au procès et au mouvement politique. Alors pour moi cela avait un sens de produire un film qui pourrait avoir de l’impact sur des générations plus jeunes. »
« Ce qui était important à l’époque, par rapport à mon affaire, ce n’est pas que j’ai gagné le procès. Le message c’est que des masses de gens se sont organisées aux Etats-Unis et dans le monde entier pour demander ma libération. Et cela alors que beaucoup croyaient que l’on ne pouvait rien faire contre le triumvirat Nixon - Reagan - Hoover. Ce n’est pas vraiment ma personne qui était en cause. Des gens de toutes générations, des communistes, des progressistes, des syndicalistes, des femmes, des personnes d’Afrique, d’Amérique du Sud, et d’Asie, se sont rassemblés dans un élan d’internationalisme, dans le but de créer une force inébranlable ». 

« Nous avons besoin de ce message aujourd’hui », poursuit l’universitaire et militante. « Il y a encore des prisonniers politiques. Leonard Peltier (militant de la cause amérindienne, incarcéré depuis 1976, ndlr), Mumia Abu Jamal et d’autres sont encore en prison aux Etats-Unis. Beaucoup d’entre nous travaillons autour de la question de l’institution carcérale. Aux Etats-Unis, deux millions et demi de personnes sont derrière les barreaux. Vingt cinq pour cent de la population carcérale mondiale sont aux Etats-Unis, dont un nombre disproportionné de Noirs. L’Amérique peut être appelée une nation-prison. Et la technologie qu’elle a développée en matière carcérale a été exportée dans le monde entier ».

« Vous voyez, sans même parler des questions des guerres, du sexisme, de l’environnement, etc., nous avons une immense tâche devant nous. Voilà pourquoi je pense qu’il était intéressant, pour revenir au documentaire, de montrer un cas où le peuple a triomphé », ajoute en souriant Angela Davis.