Festival : 30 ans après la Marche pour l'égalité, le Maghreb si proche si loin

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 29/01/2014 à 15H24
Extrait de "Ô mon corps" de Laurent Aït Benalla

Extrait de "Ô mon corps" de Laurent Aït Benalla

© Slab

Pendant 2 semaines, dans l’Hérault et les Pyrénées orientales se tient le festival de cinéma du Maghreb. Jusqu’au 2 février plusieurs rencontres, projections et débats vont permettre de mieux comprendre cette région du Nord de la Méditerranée. De nombreux artistes seront présents, avec cette année un regard particulier sur la Marche pour l’Egalité des Droits de 1983.

Reportage: Olivier Meyer et Olivier Montariol
Le Maghreb signifie en arabe le couchant. Une région très proche de nous, avec des liens historiques forts mais aussi lointaine, et c’est le paradoxe, car cette terre a sa propre histoire, ses propres références. Dans ces pays, l’art a toujours été un espace de liberté où l’on pouvait transgresser l’autoritarisme politique ou le conservatisme des religieux. Cette liberté est encore plus grande aujourd’hui, après les révolutions arabes, notamment en Tunisie où une parole émerge pour dénoncer mais aussi raconter les premiers pas vers la démocratie, avec ses illusions et ses dérives. 

Cette parole s’exprime dans le cinéma, la danse, les livres et la peinture. C’est cette effervescence que le cinéma du Maghreb montre avec, "C’est eux les chiens" sur les mouvements sociaux au Maroc, "A quoi rêvent les fennecs", et l’histoire de jeunes footballeuses qui défendent les couleurs de l’Algérie au sein de l’équipe nationale de football féminin, "C’était mieux demain" ou l’histoire d’une femme issue d’un quartier défavorisé lors de la révolution tunisienne, ou encore le parcours d’un jeune de Casablanca sur le chemin du terrorisme, "Les chevaux de Dieu" ou comment des jeunes deviennent Kamikazes, "O mon corps" le portrait d’une compagnie de danse contemporaine à Alger... 

Jean Pierre Bellay, l'organisateur aime à rappeler qu'"autour de la Méditerranée, il y a une production cinématographique qui n'a pas à rougir... Les films que nous montrons, sont présents dans les grands festivals internationaux, comme Cannes, Berlin, Venise ou Rome". Ce festival de cinéma du Maghreb est un lieu de rencontres et de découverte de l’Autre, et aussi d’apaisement.  
"Chez Salah" de Nadia Bouferkas et Mehmet Arikan 2012
L’histoire franco-algérienne est pavoisée de non-dits, de blessures non reconnues. Le 7e art, permet d’évoquer ces pages douloureuses comme « Le massacre de Sétif », ou le « 17 octobre 1961 à Paris », par le réalisateur Mehdi Lalloui. Et au-delà de l’Histoire, il y a cette vie commune que nous partageons ici en France. « Chez Salah », ce café entre Roubaix et Tourcoing est le dernier immeuble d’un passé industriel qui a presque disparu.
30 anniversaire de la Marche pour l'Egalité
Cette année, pour sa 17e  édition le festival du Maghreb évoque la Marche pour l’Egalité des Droits de 1983 avec « Douce France », et l’histoire du mouvement beur.
La force de ce festival est de nous montrer combien l’Histoire du Maghreb et des Maghrébins nous est beaucoup plus proche que nous l’imaginons.
 
Jeudi 30 janvier à ST PAUL DE FENOUILLET
18h30 "Né quelque part" Mohamed Hamidi
20h30 "Zero" Nour Eddine Lakhma
 
Vendredi 31 janvier à CABESTANY
20h00 Exposition photos Fadila Sammari 
21h00 "Vaine tentative de définir l’amour" Hakim Belabbès

Samedi 1er février
14h30" Vu de l’autre côté" Medhi Lallaoui et "Le manifeste des 121" Medhi Lallaoui 
17h00 "Le professeur" Mahmoud Ben Mahmoud 
19h15 danses orientales
21h15 "C’est eux les chiens" Hicham Lasri 

Dimanche 2 février
14h30 "Chez Salah" Nadia Bouferkas / Mehmet Arikan 
16h30 "Les chevaux de dieu" Nabil Ayouch

 Mercredi 5 Février : sortie en salles : "C'est eux les chiens" de Hisham Lasri (Maroc)