"Cavanna, jusqu'à l'ultime seconde j'écrirai", le documentaire de Denis Robert

Par @Culturebox
Mis à jour le 18/06/2015 à 15H18, publié le 18/06/2015 à 15H03
François Cavanna en 2008, à Paris © FRANCOIS GUILLOT / AFP

L'écrivain et journaliste Denis Robert a réalisé avec sa fille Nina un documentaire consacré à François Cavanna, fondateur de Hara Kiri et Charlie Hebdo. Le tournage a commencé avant sa disparition, par des entretiens avec lui.

L'écrivain Denis Robert a eu l'idée de ce documentaire il y a plusieurs années. Il ne voulait surtout pas qu'un tel homme tombe dans l'oubli, que des jeunes ignorent jusqu'à son existence. Son projet a été stoppé à deux reprises : en janvier 2014 lors de la mort de Cavanna et en janvier 2015 après l'attentat contre Charlie Hebdo. Aujourd'hui le fruit de son travail et de celui de sa fille est enfin projeté dans les salles obscures.

Rendre hommage à François Cavanna, c'est rendre hommage à un homme épris de liberté, de rire, d'insolence, amoureux de lettres aussi. C'est écrire une histoire comme on n'en verra peut-être plus, d'un autre temps et pourtant tellement moderne. c'est voir évoluer un milieu qui nous fait dire : qu'est-ce qu'on a oublié, qu'on a occulté pour ne plus oser ?

Le nucléaire, le fait religieux, l'autorité, la place de la femme, l'amour. Cavanna et ses amis de Hara Kiri, des premiers Charlie Hebdo, ne parlaient pas de politique, mais parlaient de l'époque, créaient le désordre pour mieux faire réfléchir, un verbe qu'ils faisaient rimer avec le rire. Faire tomber dans l'oubli ces hommes, c'est commettre un outrage à une jeunesse éternelle, la leur.

La bande annonce du film :


"Jusqu'à l'ultime seconde j'écrirai". Cette phrase de Cavanna dans son dernier livre prend un relief particulier quand on sait qu'il se battait à la fin de sa vie contre la maladie de Parkinson. La pire des punitions, pour quelqu'un qui manie la plume comme pour ceux qui ont des passions manuelles. La main devient tremblante, les mots ou les gestes brouillons. L'esprit, lui, est parfaitement clair.

Mais pas de pathos ! Voir ce film c'est faire le plein d'impertinence, se souvenir à quel point on pouvait rire de tout, et avoir envie d'en faire de même. L'émotion n'est pas dépressive, elle est même plutôt heureuse et pleine de moments partagés.

L'interview en duplex de Denis Robert :

"Cavanna, jusqu'à l'ultime seconde j'écrirai", documentaire de Nina et Denis Robert, en salles depuis le 17 juin 2015, 1h30.

L'affiche du documentaire de Denis Robert © DR