10 jours de Cinéma du réel au Centre Pompidou

Par @Culturebox
Publié le 19/03/2015 à 14H32
Denis Lavant Cinéma du réel © Les films d'ici

Cent-vingt ans jours pour jours après le premier film des frères Lumière, le festival du Cinéma du réel ouvre ses portes pour dix jours au Centre Pompidou. Une programmation variée et internationale qui montre que capter le réel peut être un acte subjectif et créatif.

Tout le monde ne le sait pas, le documentaire n’est pas la retranscription objective du réel –laissons cela au reportage- mais une vision, par un auteur, d’éléments du réel. Ce n’est pas complètement de la fiction, souvent de la mise en scène, cela s’approche plus de l’art que du journalisme. C'est donc tout naturellement que le Centre Pompidou projette des films documentaires, pour dix jours, à l'occasion de la 37e édition du cinéma du réel.
 
A la croisée des genres

Le film qui ouvre la compétition illustre bien le mélange des genres dans le documentaire : adapté d’une biographie romancée, Austerlitz par W.G. Sebald, le film Stan Neumann met en scène deux acteurs : Denis Lavant et Roxane Duran. Oui, des acteurs dans un documentaire. Ils retracent le parcours à travers l’Europe de Jacques Austerlitz, historien d’art féru de photographie et d’architecture.
 
Pour montrer que le cinéma s’inspire aussi du documentaire pour  “vampiriser ses formes, ses styles, ces codes", le festival prévoit de projeter des films de fiction comme un Easy Rider revisité en 2012 par le réalisateur James Bening ou Act of gold de Peter Greenaway.  
 
Le festival privilégie le mélange des genre, en rendant notamment hommage à l’Américaine Shelly Silver pour son œuvre à la croisée de la fiction, du documentaire et de l’art contemporain ou à l’Indien Amit Dutta, qui travaille dans ses films sur l’histoire de l’art ou l’anthropologie.
Sons, éclats d'images et instants silencieux du quotidien dessinent le « musée imaginaire » du grand historien de la peinture Pahari, B.N. Goswamy.

Sons, éclats d'images et instants silencieux du quotidien dessinent le « musée imaginaire » du grand historien de la peinture Pahari, B.N. Goswamy.

© Amit Dutta
De la Chine aux Etats-Unis, filmer est politique

Parce que filmer le réel est aussi un acte politique, le festival s’interrogera sur le documentaire chinois. La question ici porte moins sur la possibilité pour les réalisateurs de filmer certains sujets que sur leur diffusion en Chine. Le 20 mars, deux cinéastes, Zhao Liang et Hu Jie reviendront sur leur parcours.

Sur un autre continent, l'Américain Haskell Wexler, directeur de la photographie né en 1922, a produit et photographié des documentaires et fictions anti-impérialistes, anti-racistes et anti-capitalistes, du Brésil aux Etats-Unis, en passant par le Nicaragua. Dans Million Hoodie March for Trayvon, il revient sur les manifestations qui ont suivi l’assassinat en 2012 d’un jeune noir de 17 ans, Trayvon Martin, par un adepte de l’auto-défense.
Le 26 février 2012, Trayvon Martin, dix-sept ans, est assassiné à Miami par un adepte de l’auto-défense. En mars, Haskell Wexler filme les manifestations dénonçant le racisme à Los Angeles.

Le 26 février 2012, Trayvon Martin, dix-sept ans, est assassiné à Miami par un adepte de l’auto-défense. En mars, Haskell Wexler filme les manifestations dénonçant le racisme à Los Angeles.

© Haskell Wexler
Le cinéma du réel c’est aussi une compétition avec 25 films, courts et longs confondus, en première mondiale (jamais montré ailleurs) et neuf films en première internationale (seulement diffusés dans leur propre pays).
Jusqu’au 30 avril, les films présentés en compétition seront disponibles sur UniversCiné  et la Médiathèque numérique (accessible gratuitement aux abonnés de certaines médiathèques. Retrouvez la programmation ici