"Une vie ailleurs" : Isabelle Carré et Ramzy en quête de l'enfant perdu

Par @Culturebox Journaliste, responsable de la rubrique Cinéma de Culturebox
Mis à jour le 22/03/2017 à 13H39, publié le 22/03/2017 à 11H18
 Isabelle Carré et Ramzy Bedia dans "Une vie ailleurs" d'Olivier Peyon

 Isabelle Carré et Ramzy Bedia dans "Une vie ailleurs" d'Olivier Peyon

© Haut et Court

Après une comédie mélancolique ("Les Dernières vacances") et un drôle de documentaires sur les Maths ("Comment j’ai détesté les Maths"), Olivier Peyron réalise un drame sur une mère recherchant son enfant enlevé par son compagnon en Uruguay. Elle est soutenue dans sa quête par un assistant social dévoué. Isabelle Carré en fait beaucoup, et Ramzy tire son épingle du jeu dans un mélodrame appuyé.

La note Culturebox

2
2/5

Dilemme

Des drames comme celui d’"Une vie ailleurs", les colonnes des journaux et les sommaires des JT en sont pleins. Le cinéma s’en est par ailleurs déjà emparé. On se souvient, sous d’autres horizons, de "Jamais sans ma fille" (1991), avec d’autres conséquences, l’Uruguay remplaçant ici l’Iran. Le sujet inspire spontanément l’adhésion, face à une femme à laquelle un père soustrait arbitrairement l’enfant. "Une vie ailleurs" a le bon goût de se limiter à un drame familiale, et surtout à celui d’une mère.
"Une vie ailleurs" : la bande annonce

Olivier Peyron, également scénariste, s’absout de tout sous-texte idéologique en se concentrant sur une femme privée de maternité. Elle ne retrouve Felipe, son fils, que huit ans après sa naissance, pris en charge par une grand-mère et une tante qui l’on élevé après la mort du père. Totalement intégré, Felipe va à l’école, a des amis. Pour lui, sa mère est décédée dans un accident de voiture, et sa tante est son substitut naturel. Sylvie (Isabelle Carré), après des années de recherches, arrivant près du but, doit faire face au dilemme de laisser son fils dans le milieu où il s’est épanoui ou de le faire réintégrer le giron maternel.

Mesures d’empêchement

Entre la mère et l’enfant : Mehdi (Ramzy Bedia), assistant social totalement impliqué, qui assume les démarches administratives et l’enquête jusqu’à établir les premiers contacts avec l’enfant. L’on est évidemment touché par cette histoire sensible. Le bât blesse dans la progression de l’intrigue, où tous les protagonistes semblent agir à l’encontre de leurs objectifs, en multipliant les mesures d’empêchement, par pêché d’omission, maladresse, manque de réactivité…

Maria Dupláa, Dylan Cortes et Virginia Méndez dans "Une vie ailleurs" d'Olivier Peyron

Maria Dupláa, Dylan Cortes et Virginia Méndez dans "Une vie ailleurs" d'Olivier Peyron

© Le Bureau - Film Factory 2016

Nous prend l’envie de les pousser à réagir face à tant de laxisme, alors que l’action les fait se démener comme des diables. Isabelle Carré, d’habitude si juste, se laisse emporter par le sujet en sur-jouant les mères éplorées. Heureusement, Ramzy offre une belle composition à contre-emploi. Il sauve le film en nous retenant d’aller vivre "Une vie ailleurs".

"Une vie ailleurs" : l'affiche

"Une vie ailleurs" : l'affiche

© Haut et Court

LA FICHE

Drame d'Olivier Peyron (France) - Avec : Isabelle Carré, Ramzy Bedia, Maria Dupláa, Dylan Cortes, Virginia Méndez, Lucas Barreiro : 1h36 - Sortie : 22 mars 2017

Synopsis : C’est en Uruguay que Sylvie retrouve enfin la trace de son fils, enlevé il y a quatre ans par son ex mari. Avec l’aide précieuse de Mehdi, elle part le récupérer mais arrivés là-bas, rien ne se passe comme prévu : l’enfant, élevé par sa grand-mère et sa tante, semble heureux et épanoui. Sylvie réalise alors que Felipe a grandi sans elle et que sa vie est désormais ailleurs.