"Un Village presque parfait" : Didier Bourdon et Lorànt Deutsch à Clochemerle

Par @Culturebox Journaliste, responsable de la rubrique Cinéma de Culturebox
Mis à jour le 11/02/2015 à 15H00, publié le 10/02/2015 à 18H47
Didier Bourdon et Loràant Deutsch dans "Un village presque parfait de Stéphane Menrier

Didier Bourdon et Loràant Deutsch dans "Un village presque parfait de Stéphane Menrier

© SND

Cela faisait des lustres que le cinéma français n'avait pas sorti une comédie rurale, comme c'était une tradition depuis les années 40-60, voire 70. L'exode est sans doute passé par là… Très bonne idée donc que de traiter d'un vrai sujet de fond, le recrutement d'un médecin urbain en pleine campagne pyrénéenne, avec un excellent Didier Bourdon, en maire, et Lorànt Deutsch en médecin salvateur.

La note Culturebox
3 / 5                  ★★★☆☆

De Stéphane Meunier (France), avec : Didier Bourdon, Lorànt Deutsch, Lionnel Astier, Denis Podalydès, Elie Semoun, Carmen Maura, Annie Grégorio, Amélie - 1h38 - Sortie : 11 février 2015

Synopsis : "Saint-Loin-la-Mauderne", un petit village frappé de plein fouet par la crise et la désertification. Son dernier espoir : relancer l'usine de fumage de saumon. Seul problème, les assurances exigent la présence d'un médecin à demeure. Or, le dernier a pris sa retraite il y a plus de cinq ans sans jamais trouver de remplaçant. Derrière Germain, leur maire bourru mais charismatique, les habitants vont tout faire pour convaincre le très parisien docteur Maxime Meyer que le bonheur est à Saint-Loin-la-Mauderne !
Un village presque parfait : la bande-annonce
Casting ad hoc

Pas une semaine sans sa comédie française. Il ya huit jours, c'était "Papa ou maman", et mercredi prochain "Bis". "Un Village presque parfait" surfe sur cette tendance, la désaffection des médecins dans les campagnes. Bon sujet, que Stéphane Meunier, qui vient de la télévision ("Les Yeux dans les bleus"), traite plutôt bien, en abordant à la fois un problème social (la fermeture d'une usine) et le système D, bien français, permettant de se sortir de l'impasse.

Il réunit pour ce faire un casting de circonstance et ad hoc, Didier Bourdron en tête, Lorânt Deutsch, crédible mais qui semble faire le minimum syndical. Il est rattrapé par les excellents Lionel Astier, Denis Podalydès et Elie Semoun, sans oublier l'inattendue Carmen Maura. A l'encontre du roman "Clochemerle" (1934) de Gabrièl Chevalier, maintes fois adapté au cinéma et à la télévision, Germain (Didier Bourdron) parvient à faire l'unanimité autour de lui dans son projet de séduction d'un jeune urbain pour en faire le médecin du village, condition sine qua non à l'installation d'une usine sur la commune.
Elie Semoun et Denis Podalydès dans "Un village presque parfait" de Stéphane Meunier

Elie Semoun et Denis Podalydès dans "Un village presque parfait" de Stéphane Meunier

© SND
L'instant "T"

Mais comme chez Gabriel Chevalier, l'intrigue est l'occasion de photographier l'instant "T" d'une société française en perte de moteur économique, victime de problèmes environnementaux, de corruption et autre paresse administrative… Demeure la persistance d'une solidarité autour d'un but commun, même si elle relève plus de la débrouille pas très recommandable, comme mettre le nouveau médecin sur écoute, ou lui faire croire que le village est fan de cricket, son sport préféré…

L'ensemble est léger, bon enfant, et l'on passe un bon moment avec de bons acteurs, sur une intrigue habile, au scénario bien ficelé et aux rebondissements rythmés. La comédie a décidément le vent en poupe avec de bonnes trouvailles et de bonnes recettes (dans tous les sens du terme) à la clé.