"Truth : le prix de la vérité" : Cate Blanchett et Robert Redford au top

Par @Culturebox Journaliste, responsable de la rubrique Cinéma de Culturebox
Publié le 04/04/2016 à 12H27
Robert Redford, Cate Blanchet et Bruce Greenwood dans "truth, le prix de la vérité de James Vanderbilt

Robert Redford, Cate Blanchet et Bruce Greenwood dans "truth, le prix de la vérité de James Vanderbilt

© James Vanderbilt

Après "Spotlight", sur les difficultés des journalistes à enquêter sur la pédophilie dans l’Eglise catholique américaine, "Truth" traite d’un sujet semblable appliqué aux révélations sur le passé militaire d’un candidat à la présentielle étasunienne. James Vanderbilt embarque Cate Blanchett et Robert Redford dans le bateau pour former un des plus beaux duos de cinéma de ces dernières années.

La note Culturebox

4
4/5

Militant

Dans la continuité de "Spotlight", "Truth"  renoue avec les films politiques américains des années 70, comme "Les Hommes du présidents" (1976) d’Alan J. Pakula (déjà avec Redford) sur le Watergate, et les journalistes du Washington Post qui ont levé le lièvre. James Vanderbilt prend le même chemin en suivant un parti pris de mise en scène sobre, au suspense rigoureux, avec des acteurs de grande classe.
"Truth" : la bande annonce
Cate Blanchett en productrice d’une émission phare d’une grande chaîne de télévision est remarquable. Elle traduit la passion pour son métier et son devoir d'informer le public. Un de ses meilleurs rôles et une de ses interprétations les plus sensibles, qui la place d’ores et déjà dans la course aux Oscars. Quant à Redford, son professionnalisme et son engouement visible pour le sujet font merveille. Cette  implication renforce son image et sa vocation d’acteur militant. C’est aussi un clin d’œil au film de Pakula.
Cate Blanchett dans "Truth, le prix de la vérité" de James Vanderbilt

Cate Blanchett dans "Truth, le prix de la vérité" de James Vanderbilt

© Warner Bros. France

Vérités et mensonges

On sait le Premier amendement de la Constitution américain, garantissant la liberté d’expression, au cœur de l’idéologie américaine. A en croire les sujets politiques du cinéma local, il est régulièrement mis à mal. Dans tous les cas, les autorités visées par des journalistes tentent inexorablement de les empêcher d’exercer leur métier selon leurs critères. Près de nous, la journaliste Elise Lucet n’est-elle pas une cible semblable des institutions ou entreprises mis à mal dans son émission "Cash investigation" (voir Télérama n°3455) ? Le sujet est réel, d’actualité et revient sempiternellement sur le tapis, créant un doute du public quant à la déontologie de la profession.

"Truth " (vérité en anglais), "Spotlight", "Les Hommes du président" sont tous des films tirés de faits réels. "L’usine à rêves", comme l’on surnomme Hollywood, aime pointer du doigt une nation où le mensonge est proscrit et quand il est avéré, la plus grave des fautes. Mettre sur la sellette ce fameux Premier amendement, garant de la liberté à laquelle sont identifiés les Etats-Unis, démontre la maturité du cinéma américain. Elle traduit la conscience de ses cinéastes et leur militantisme dans la défense de la liberté d’expression et la dénonciation de ceux qui nous mentent. Remarquable.  


La fiche film
Un drame de James Vanderbilt (Etats-Unis), avec : Cate Blanchett, Robert Redford, Dennis Quaid Elisabeth Moss - Durée : 2h05 - Sortie : 6 avril 2016
Synopsis : L'histoire de Mary Mapes, journaliste primée de CBS et productrice de Dan Rather, l'un des plus célèbres journalistes et présentateurs de l'histoire de la télévision américaine, qui a dévoilé -entre autres scoops- le scandale de la prison d'Abou Ghraib.