"Shérif Jackson" : Ed Harris dans un western à l'ouest

Par @Culturebox Journaliste, responsable de la rubrique Cinéma de Culturebox
Publié le 08/10/2013 à 15H49
Ed Harris dans "Sherif Jackson" de Noah Miller et Logan Miller (II)

Ed Harris dans "Sherif Jackson" de Noah Miller et Logan Miller (II)

© Potemkine Films

Deuxième film des frères Miller, mais le premier à sortir en France, "Shérif Jackson" est un western qui n'a rien de classique, non pas pour son scénario - une histoire de vengeance -, mais ses personnages, tous plus à côté de la plaque les uns que les autres, ce qui le situerait plus dans la veine spaghetti du genre que dans son orthodoxie.

De Noah Miller et Logan Miller (II) (Etats-Unis), avec : Ed Harris, January Jones, Jason Isaacs - 1h35 - Sortie : 9 octobre 2013
Interdit aux moins de 12 ans

Synopsis : Dans les plaines arides du Nouveau-Mexique, Sarah, une ancienne prostituée, découvre le corps sans vie de son mari, sauvagement assassiné par un fanatique religieux. Meurtrie, elle part en croisade vengeresse, mais c'est sans compter sur l'arrivée de l'extravagant shérif Jackson.
"Shérif Jackson" : la bande-annonce

A l’italienne
Le cadre du nouveau Mexique évoque d’emblée le western spaghetti, le lieu étant le cadre de prédilection du genre, avec ses déserts arides et ses villes parcellaires. La comparaison ne s’arrête pas là. Elle émane en premier lieu du personnage de "Prophète Josiah" (Jason Isaac), prédicateur allumé, doublé d’un tueur froid comme la mort. Une figure atypique qui recoupe l’originalité des protagonistes très typés de la veine italienne.

Autre atypisme, le personnage un rien "foldingue"  du shérif Jackson (Ed Harris), qui danse seul au milieu du désert, chante à tue-tête et lance des psaumes dans le vide au sommet des collines, tout en ayant un flair incomparable dans son enquête. Enfin, il est rare de voir à l’écran la vengeance d’une femme (January Jones)  dotée d’une telle froideur dans l’exécution de ses victimes. Elle ne tergiverse pas pendant des heures, comme c’est de coutume. Non, d’un bras tendu sèchement, elle fait parler son six coups implacablement…

January Jones dans "Shérif Jackson" de Noah Miller et Logan Miller (II)

January Jones dans "Shérif Jackson" de Noah Miller et Logan Miller (II)

© Potemkine Films

Hors normes
L’étrangeté des personnages se retrouve dans un décor frisant le surréalisme : l’alignement de croix géantes peintes en blanc bordant l’allée conduisant à l’église du prédicateur. Caractéristique plus classique du western, les frères Miller exploitent à merveille les paysages qu’ils filment dans un format scope impeccable.

Toutes ces composantes participent d’un western, catégorie classique s’il en est, sortant des sentiers battus. Le genre se prête d’ailleurs à merveille à être détourné. Ce fut le cas avec le western dit "crépusculaire" introduit par Sam Peckinpah ("La Horde sauvage", 1969), le western spaghetti, où sa veine ethnique, dont le plus beau titre est sans doute "Little Big Man" (1970, Arthur Penn). Les frères Miller poursuivent cette tendance régénératrice avec un talent très particulier, « Shérif Jackson » ne ressemblant à nul autre film.