"Possessions" : l'affaire Flactif au cinéma avec Jérémie Renier

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 05/03/2012 à 19H11
Jérémie Renier dans "Possessions" d'Eric Guirado

Jérémie Renier dans "Possessions" d'Eric Guirado

© UGC Distribution

D'Eric Guirado (France), avec : Jérémie Renier, Julie Depardieu, Lucien Jean-Baptiste, Alexandra Lamy - 1h38 - Sortie : 07 mars 2012

Synopsis : Marilyne et Bruno Caron arrivent dans un village de montagne pour emménager dans un chalet qu’ils ont loué à Patrick Castang, promoteur et propriétaire de nombreuses habitations dans la région. S’ensuit une succession de déconvenues qui va les conduire à déménager de nombreuses fois, avec le sentiment grandissant d’être traités sans considération. Les relations entre les deux familles vont se tendre, jusqu'à verser dans une haine viscérale.
 

Thriller intime
Alors que Jérémie Renier va exploser à l’écran la semaine prochaine dans « Cloclo », le biopic consacré à Claude François,  l’acteur est à la Une ce mercredi de « Possessions » qui reconstitue l’affaire Flactif, où la famille d’un agent immobilier de Haute-Savoie a été assassinée par un jeune couple voisin en 2003.

La reconstitution qu’en donne Eric Guirado, remarqué pour son très touchant « Fils de l’épicier », change les noms des protagonistes, mais toute la promo du film renvoie à l’affaire. Aussi « Possessions » se démarque d’un documentaire en adoptant la forme d’une fiction, comme toute reconstitution, pour apporter la dramatisation nécessaire au film, jusqu'à en faire un thriller intime.

Spirale infernale
Jérémie Renier y montre une fois encore tout son talent, remarqué depuis sa collaboration régulière avec les frères Dardenne ou dans « Demain, dès l’aube » de Denis Dercourt. Il incarne avec justesse ce père de famille déconcerté par les difficultés qu’il rencontre après une promesse de location et dans laquelle il a embarqué sa famille. Le film apporte une touche de compassion dans la réaction de ce couple modeste, face au traitement qu’ils subissent, en se faisant bringuebaler à droite à gauche par un promoteur immobilier à la réussite ostentatoire.

Eric Guirado ne justifie par leur geste terrible mais en expose toutes les données avec un didactisme non appuyé. En mettant à plat le processus à l’œuvre, « Possessions » fait monter une tension qui n’était guère sensible dans le traitement qu’a donné la presse de l’affaire. La convoitise n’en reste pas moins le mobile d’un quadruple meurtre, dont les auteurs ont tenté de se dédouaner, notamment en manipulant les médias. Julie Depardieu est tout autant convaincante dans son rôle d’épouse frustrée, en mal de réussite matérielle et courroie de transmission d'une spirale infernale. « Possessions », parvient ainsi à dépasser la simple anecdote tragique du fait divers en fait de société.