"Passengers" : les naufragés glamour de l'espace

Par @Culturebox Journaliste, responsable de la rubrique Cinéma de Culturebox
Publié le 27/12/2016 à 14H06
 Jennifer Lawrence et Chris Pratt dans "Passengers" de Morten Tyldum

 Jennifer Lawrence et Chris Pratt dans "Passengers" de Morten Tyldum

© Sony Pictures Releasing France

Depuis le succès de "Gravity" (2013), le space opera a la cote : "Jupiter : le destin de l’univers" (2014), "Les Gardiens de la galaxie" (2014), "Interstellar" (2014), "Seul sur Mars" (2015), "Star Trek" et "Star Wars" étant de retour en 2016. "Passengers" renoue avec la veine catastrophe du genre, saupoudrée de glamour avec Jennifer Lawrence et Chris Pratt piégés dans un Titanic intergalactique.

La note Culturebox

3
3/5

Robinsonnade

Derrière la caméra, le Norvégien Morten Tydurn s’est fait remarquer avec "Headhunters" (2011), arrivé premier au box-office norvégien, lauréat de prix à Beaune, puis à L’Etrange festival,  et surtout avec "Imitation Games", nommé aux Oscars, sur Alan Turing, décrypteur du code nazi Enigma durant la Seconde Guerre mondiale. Une belle carte de visite pour se voir confier un bon blockbuster hollywoodien. "Passengers" passe toutefois un peu en retrait par rapport aux grosses machines en matière de SF de l’année, "Star Trek Outer Limits", "Rogue One : A Star Wars Story", et même "Premier Contact".
Passengers : la bande annonce

La conséquence sans doute d’un film plus classique et sans ancrage franchisé, attendu par des milliers de fans.  Histoire du naufrage d’un vaisseau spatial, "Passengers", sur les bases d’un film catastrophe, ne suit toutefois pas stricto sensu les codes du genre. Un peu comme "Gravity", il se focalise sur deux personnages, homme et femme,  tels des naufragés de l’espace, alors que le genre florissant des années 70, traite de groupes d’individus archétypaux en péril. Sur une trame à la "Titanic", "Passengers" lorgne plus du côté d’une robinsonnade, les deux protagonistes étant isolés dans l’immense vaisseau Avalon, comme sur une île déserte, sans communication avec l’extérieur.

Passion en apesanteur

Sur cette base, se greffe une romance qui s’avère le vrai sujet du film, entre un mécanicien réveillé de son hyper sommeil par accident, et une écrivaine volontairement extirpée de sa léthargie pour lui tenir compagnie, et plus si affinité. On remarquera au passage la différence de classe des personnages, qui renvoie au panel des films catastrophe classiques. Cette histoire d’amour et son contexte renvoient expressément au "Titanic" de James Cameron, où Leonardo DiCaprio jouait un immigré de la plèbe et Kate Winslet, une grande bourgeoise de l’Amérique naissante.

"Passengers" de Morten Tyldum

"Passengers" de Morten Tyldum

© Sony Pictures Releasing France

On n’est donc pas dépaysé, hormis l’environnement de science-fiction qui offre de belles images spatiales, dans le magnifique design du vaisseau Avalon, ses intérieurs technologiques aseptisés et ses séquences de "marches" dans l’espace, ou la traversée du champ d’astéroïdes d’ouverture. Les scènes de catastrophe pure ne sont pas délaissées, comme celle d’une rupture de gravité, où Jennifer Lawrence est prisonnière d’une gigantesque bulle d’eau en apesanteur, non dénuée de poésie.  L’humour n’est pas absent non plus, notamment dans des clins d’œil à "Alien", "Shining" et "2001", références obligées des jeunes réalisateurs. Le jeu sur le temps, avec ses conséquences sur la relation entre les deux amants n’est pas sans intérêt, tout comme le stratagème ambigu du mécano pour se sortir de sa solitude. Jennifer Lawrence et Chris Pratt parviennent à mettre un peu de passion dans ces espaces glaciaux où il n’est pas désagréable d’embarquer.

"Passengers" : l'afiche française

"Passengers" : l'afiche française

© Sony Pictures Releasing France

LA FICHE

Science-fiction de Morten Tyldum (Etats-Unis), Avec :  Jennifer Lawrence, Chris Pratt, Michael Sheen, Laurence Fishburne, Andy Garcia  - Durée : 1h57 - Sortie : 28 décembre 2016

Synopsis : Alors que 5000 passagers endormis pour longtemps voyagent dans l’espace vers une nouvelle planète, deux d’entre eux sont accidentellement tirés de leur sommeil artificiel 90 ans trop tôt. Jim et Aurora doivent désormais accepter l’idée de passer le reste de leur existence à bord du vaisseau spatial. Alors qu’ils éprouvent peu à peu une indéniable attirance, ils découvrent que le vaisseau court un grave danger. La vie des milliers de passagers endormis est entre leurs mains…