"Né quelque part" : une chronique tendre et juste de la découverte de l'Algérie

Par @pygrenu Rédacteur en chef de Culturebox
Mis à jour le 19/06/2013 à 15H38, publié le 19/06/2013 à 15H13
Extrait de "Né quelque part"

Extrait de "Né quelque part"

© Mars Distribution

Ce premier long-métrage de Mohamed Hamidi nous emmène en Algérie, dans le sillage d'un jeune homme, enfant d'immigré, propulsé dans un pays dont il ignore tout. Pour l'accueillir au bled, Jamel Debbouze, dans un personnage de petit magouilleur à la langue bien pendue. Un film sympathique, porté par des personnages hauts en couleurs.

Comédie dramatique de Mohamed Hamidi - Avec Jamel Debbouze, Tewfik Jallab, Malik Bentalha, Fatsah Bouyahmed, Julie de Bona et Zined Obeid - Durée : 1h27 - Sortie : 17 juin 2013

Synopsis : Farid, jeune Français de 26 ans, doit aller en Algérie pour sauver la maison de son père. Découvrant ce pays où il n’a jamais mis les pieds, il tombe sous le charme d’une galerie de personnages étonnants dont l’humour et la simplicité vont profondément le toucher. Parmi eux, son cousin, un jeune homme vif et débrouillard qui nourrit le rêve de pouvoir rejoindre la France...

Parcourir 2000 kilomètres pour comprendre enfin le père qui partage votre canapé. Découvrir le pays de ses parents, leur histoire. Confronter ses clichés à la réalité. C’est une problématique partagée par des milliers d’enfants d’immigrés qui connaissent peu ou pas du tout la terre de leurs ancêtres. Mohamed Hamidi n’est pas le premier à s’attaquer au sujet. Avant lui, bien d’autres l’ont fait, avec gravité ou avec humour. Ce qui n’empêche pas ce « Né quelque part » d’être porté par un vent de fraîcheur et de sincérité.

Extrait du film "Né quelque part" © Mars Distribution


Cette belle histoire initiatique n’est pas lisse : elle n’épargne ni les pointilleuses administrations françaises, incarnées par un fonctionnaire sournois et raciste, ni leurs homologues algériennes, lourdes, opaques et arbitraires.

Dans son rôle de petit roublard du bled, Djamel est impeccable. Drôle bien sûr, mais à l’amertume palpable, lui a toujours rêvé d’être cet autre, ce cousin de France. Tewfik Jallab, lui, évolue dans un registre très sobre. A la fois perdu et charmé sur cette terre qu'il apprend à découvrir. L’ensemble du casting est d’ailleurs irréprochable, installant une ambiance joyeuse, mélancolique et désabusée.

Djamel Debbouze et Tewfik Jallab dans "Né quelque part" © Mars Distribution

On pourra regretter que la réalisation – solide - manque parfois un peu de folie. Vers la fin, le scénario perd également un peu de son réalisme. Mais on lui pardonne tout : ce joli film tendre, qui n’est pas un brûlot, porte en lui des émotions communicatives.